Des officiels de l’AES au Bénin pour l’investiture de Romuald Wadagni

Mai 24, 2026 - 10:30
Des officiels de l’AES au Bénin pour l’investiture de Romuald Wadagni
Des officiels de l'AES au Bénin pour l'investiture de Romuald Wadagni

Ce dimanche 24 mai 2026, le Bénin tient l’investiture de son nouveau président élu Romuald Wadagni. Aucun chef d’Etat n’est invité à cette cérémonie, mais des délégations de plusieurs pays y sont attendues. Des représentants du Mali, du Burkina Faso et du Niger sont attendus. Selon les informations, ces trois pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) ont répondu favorablement à l’invitation du Bénin pour assister à l’installation du successeur du président Patrice Talon.

Bénin : des délégations de l’AES attendues à la prise de fonction du président Romuald Wadagni

Dans le cadre de l’investiture du président Romuald Wadagni, les délégations malienne et burkinabè sont arrivées à Cotonou dans la journée du samedi 23 mai, à quelques heures de la cérémonie prévue pour ce dimanche 23 mai. La délégation nigérienne, quant à elle, est annoncée à Cotonou très tôt ce dimanche matin. RFI rapporte que les délégations du Mali et du Burkina Faso sont conduites par les ministres des Affaires étrangères Abdoulaye Diop et Karamoko Jean-Marie Traoré.

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La présence des délégations des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) peut symboliser un début de rapprochement. Ces dernières années, les relations entre le Bénin et ces trois pays n’ont pas été des meilleures. À la suite des coups d’État qui se sont succédé dans les trois pays, les relations diplomatiques ont pris un coup avec le Bénin. En effet, Cotonou s’est alignée sur les décisions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour condamner les coups de force et demander le retour à l’ordre constitutionnel. Une posture visiblement mal vue par les régimes militaires.

Accords militaires rompus, frontières fermées

Les divergences se sont révélées notamment entre le Bénin et le Niger d’une part et entre le Bénin et le Burkina Faso d’autre part. Les incidences diplomatiques ont atteint un niveau culminant lorsque le Bénin a mis rigoureusement en application les sanctions économiques prises par la CEDEAO. Cotonou s’était également montré favorable à la décision de la CEDEAO d’aller à la rescousse de Mohamed Bazoum, le président déchu, en activant sa force militaire.

Dans la foulée, le Niger a rompu ses accords militaires avec le Bénin. Le Burkina Faso s’est inscrit dans la même dynamique. En absence d’accords militaires avec ses deux voisins, le Bénin se retrouve dans un schéma un peu difficile dans la lutte contre le terrorisme. Il est de notoriété publique que cette lutte nécessite une synergie d’actions.

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Après avoir fait partir les troupes françaises de leurs territoires respectifs, le Niger et le Burkina Faso ont multiplié les accusations contre le Bénin. Les deux pays accusent le Bénin de servir de base arrière pour les forces françaises qui seraient dans l’optique de les déstabiliser. Ouagadougou et Niamey allèguent que le Bénin abrite sur son territoire des bases militaires françaises qui seraient dédiées à la formation de groupes terroristes. Ces allégations ont été démenties par les autorités béninoises et la hiérarchie militaire française.

Le nouveau président Romuald Wadagni tend la main pour la reprise du dialogue

Toutes les tentatives des autorités biennoises pour renouer le dialogue et relancer les relations avec ces pays de l’AES sont restées vaines. Le Niger a maintenu sa frontière fermée et son président Tiani ne rate aucune occasion pour accuser le Bénin d’être l’un des sponsors des groupes terroristes.

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Pour Romuald Wadagni, le conflit peut pas être éternel. Il se montre dans une posture conciliante pour la normalisation des relations diplomatiques avec les pays de l’AES. Pour lui, le Bénin et ses voisins sont confrontés aux mêmes défis sur le plan de la sécurité, de la pauvreté et de l’emploi des jeunes. « Les pays de la région ont les mêmes défis à relever : la sécurité, la pauvreté et le chômage des jeunes », a-t-il précisé.

Le ministre nigérien de l’Intérieur, Mohamed Toumba, a indiqué que le changement de président au Bénin ne suffit pas pour renouer les liens. Le Niger attend des « gages de bonne volonté » du nouveau président Romuald Wadagni.