FIF : candidature de Malick Tohé, la stratégie contrariée d’Idriss Diallo
L’annonce exclusive faite par notre confrère Kambiré Elie du quotidien de sport ivoirien SuperSport , sur la candidature de Malick Tohé Adam contre Idriss Diallo à la présidence de la FIF cette semaine fait l’effet d’une bombe. Si elle se confirme, cette candidature signe l’échec de la stratégie unitaire voulue par le président sortant, Yacine Idriss Diallo, en vue du scrutin du 12 septembre 2026.
Malick Tohé devrait se dresser contre Idriss Diallo
Car en coulisses, selon nos informations, les médiations se sont multipliées, et ont échoué. En effet, après celle attribuée aux cercles maçonniques, puis celle du ministre Mamadou Touré, la dernière en date est celle de Fidèle Sarrassoro, ministre directeur de cabinet du président de la République.
Soucieux d’éviter une confrontation frontale avec son premier vice-président, Idriss Diallo a en effet frappé à la porte du chef de l’État. Comme lors du cycle électoral de 2011 entre Sidy Diallo et Salif Bictogo, puis en 2022, celui-ci maintient distance et neutralité. Cependant, il a demandé à son directeur de cabinet d’encourager à l’union, sans jamais l’imposer, ni exiger un retrait de candidature. Une action supervisée par le vice-président de la République. Sans fumée blanche. Puisque le ministre directeur de cabinet Fidèle Sarassoro n’a pas réussi à obtenir le consensus.
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C’est là que le calcul d’Idriss Diallo se heurte au réel. Car le président de la FIF espère, selon des sources proches du dossier, que le chef de l’État appelle lui-même Malick Tohé pour lui enjoindre de se retirer à son profit. Certains de ses soutiens pensent même que cela est déjà fait, assurant que Malick Tohé ne sera pas candidat, répétant ce que Yacine Idriss Diallo répète lui-même à pur se rassurer. C’est méconnaître la méthode du président de la République.
Aux dernières législatives de 2025, le chef de l’État ivoirien a investi les candidats de son parti mais il s’est gardé d’intervenir directement dans la campagne, se refusant à appeler personnellement des candidats indisciplinés qui espéraient, en vain, un coup de fil direct pour se retirer. Le doyen Meïté Yaya à Kani, attaquait un appel du chef de l’État pour soutenir le député sortant et candidat du Rhdp Abdoulaye Ben Meïté, en sait quelque chose. Car l’appel direct d’Alassane Ouattara n’est jamais venu à lui qui refusait de se contenter des communiqués officiels et des délégations ministérielles. Un appel direct à Malick Tohé, qu’espère encore, est donc attendu en vain et à tort.
Le message est clair : Diallo devra se prépare à affronter Tohé et le battre dans les urnes. En vérité, Malick Adam Tohé lui-même n’a pas d’autre choix que d’être candidat, car doit cesser d’être, ou de paraître; un velléitaire, pour aller à la bataille avec deux options possibles : gagner ou perdre. Et accepter d’assumer la défaite le cas échéant. Le parapluie douillet de l’inaction ou l’inconfort d’une vice-présidence de la vice présidence, n’est plus un schéma viable.
Alors pourquoi penser que le chef de l’État va s’impliquer au secours de Yacine Idriss Diallo pour briser une ambition noble de servir, à sa manière, le football ivoirien, portée par Malick Traoré ?
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Pourquoi le chef de l’État prendrait-il le risque de payer les échecs et les défaites à venir de YID en l’imposant comme candidat unique, alors qu’il a la possibilité de profiter des succès de tout candidat élu ? Pourquoi YID bénéficierait-il d’un coup de pouce que ni Sidy Diallo ni aucun autre candidat n’a eu pour l’élection du président de la FIF, ni à la Mugefci, ni partout ailleurs ?
Ces questions se poser parce qu’Idriss Diallo confie qu’il n’envisage pas d’affronter Malick Tohé et « d’étaler la division aux yeux de tous » allant jusqu’à dire qu’il vaut mieux ne pas être candidat face à lui. En retour, Tohé est tout aussi tranchant : si par extraordinaire il ne devait pas être candidat, il ne ferait plus équipe avec Idriss Diallo. Le divorce est consommé, quelle que soit l’issue. Dans l’entourage de Malick Tohé, on rit d’ailleurs d’une expression évoquée dans l’article de notre confrère : un faiseur de roi. Les proches de Malick Tohé rappellent, qu’Idriss Diallo lui-même fut en son temps faiseur de roi ou « porteur de sac » de Dieng, passé par Anouma dans le sport, puis par Hambak en politique et dans les affaires, avant de devenir roi à son tour. Ils ajoutent les épisodes Jean Vincent Zinsou et Jean-Jacques Béchir. Chacun son étoile et : rien n’interdit au faiseur de roi d’aujourd’hui d’être le roi de demain.
Reste une contradiction que le camp Diallo devra lever. À défaut du soutien de Tohé, le président sortant brandit celui, assuré, de la famille et des enfants de feu Sidy Diallo, ainsi que de la famille Sory Diabaté. Si ces soutiens sont acquis, et s’il parvient réellement à incarner l’unité et l’union du football ivoirien, une question demeure : pourquoi Idriss Diallo continue de miser sur une non-candidature de Malick Tohé ?