Sénégal : grosse bagarre à l’Assemblée nationale
Au Sénégal, l’Assemblée nationale a voté ce lundi la loi portant révision de la Constitution par 129 députés sur les 129 présents. Mais avant l’étape du vote, l’hémicycle a connu des remous. Il s’est transformé en piste de démonstration de force physique entre députés de l’opposition et députés Pastef. Une violente altercation a éclaté devant le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.
Sénégal : la révision de la constitution suscite des tensions, un duel Sonko-Faye s’annonce
Au cœur de la scène : le député Abdou Mbow de l’APR, qui tentait d’empêcher la poursuite de la session plénière convoquée pour l’examen et le vote de la révision de la constitution. Il a interpellé le président de l’Assemblée nationale afin de réclamer le report de la délibération sur le projet de révision constitutionnelle. Pour se faire entendre, il a pris d’assaut le pupitre et s’exprimait avec brutalité.
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Face à cette scène, des députés de la majorité parlementaire, membres du parti Pastef et soutiens d’Ousmane Sonko, ont entrepris de le déguerpir des lieux. Dans la vidéo devenue virale, on voit deux députées en scène. Elles ont saisi leur collègue Abdou Mbow par les bras et de part et d’autre, comme si elles tentaient de maitriser un « brigand ». Secoué de part et d’autre, le député Abdou Mbow s’est accroché au pupitre pour éviter de se faire soulever par ses collègues. Dans la foulée, un homme est arrivé à la rescousse en poussant l’une des députées. Un vrai cafouillage qui a nécessité une opération coup de poing du Groupement d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN).
Alors qu’il résistait et ne voulait rien entendre, Abdou Mbow a été rapidement pris en charge par les éléments du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Il a été évacué de la scène manu militari. Le calme est donc revenu par la suite et la séance s’est poursuivie jusqu’à l’adoption de la réforme de la constitution en l’absence des députés de l’opposition qui ont déserté les lieux après l’évacuation de leur collègue.
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Hors de l’hémicycle, il a déclaré devant la presse qu’il « va continuer à résister », parce que « nous sommes des combattants, nous sommes des républicains. Rien ne peut nous empêcher de continuer à travailler parce que ce pays n’appartient pas à Ousmane Sonko et à son clan », a lancé l’opposant Abdou Mbow. Il a accusé ses collègues du Pastef de l’avoir brutalisé.
Réforme adoptée à l’unanimité, le gouvernement annonce un référendum
C’est un nouveau bras de fer qui s’annonce entre le président Bassirou Diomaye Faye et le parti Pastef dirigé par Ousmane Sonko. La pomme de discorde se situe surtout au niveau de l’article 29 modifié. Dans la nouvelle constitution adoptée, il est formellement interdit au « président de la République de diriger un parti politique ». Cette disposition renforce par ailleurs les pouvoirs de l’Assemblée nationale et du Premier ministre, et limite à une seule la dissolution du Parlement par mandat présidentiel.
Le ministre de la Justice, qui représentait le gouvernement lors des débats au parlement, a annoncé que la nouvelle constitution adoptée sera soumise au référendum. Le gouvernement espère renverser la tendance avec un nombre majoritaire de NON contre le OUI à l’issue du référendum au cours duquel l’avis du peuple sera directement sollicité.
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Selon l’opposition, cette réforme est taillée sur mesure pour favoriser Ousmane Sonko, alors qu’il est en conflit avec son « ami » Bassirou Diomaye Faye depuis plusieurs semaines. Conflit qui a d’ailleurs conduit à son limogeage du poste de Premier ministre.