Côte d’Ivoire : le fisc rate son objectif au 1er trimestre malgré 1 214,2 milliards FCFA collectés

Avr 19, 2026 - 09:50
Côte d’Ivoire : le fisc rate son objectif au 1er trimestre malgré 1 214,2 milliards FCFA collectés
Côte d'Ivoire : le fisc rate son objectif au 1er trimestre malgré 1 214,2 milliards FCFA collectés

Au premier trimestre de 2026, la Direction générale des impôts (DGI) de Côte d’Ivoire a enregistré des recettes fiscales chiffrées à 1 214,2 milliards FCFA. Ce montant est en dessous des prévisions. L’objectif de départ était de mobiliser 1 332,6 milliards de francs CFA. Il apparaît donc un déficit de 118,4 milliards de francs CFA pour un taux de réalisation de 91,1 %.

Côte d’Ivoire : pourquoi la DGI n’a pas atteint son objectif au premier trimestre de 2026

En Côte d’Ivoire, la Direction générale des impôts (DGI) n’a pas atteint ses objectifs au premier trimestre de 2026. Alors qu’elle avait prévu de mobiliser 1 332,6 milliards de francs CFA, le décompte final affiche 1 214,2 milliards FCFA. Toutefois, le montant collecté est en hausse de 106 milliards de francs CFA, soit 9,7 % par rapport aux recettes fiscales collectées l’année dernière à la même période.

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Comment expliquer cette croissance par rapport à l’année 2025 ? Selon le directeur général des Impôts, Ouattara Sie Abou, cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs. Il évoque l’intensification de la digitalisation dans les services fiscaux, l’optimisation des mesures fiscales et des stratégies de recouvrement des arriérés d’impôts.

Pourquoi la DGI n’a pas atteint son objectif au premier trimestre de 2026

Si certaines mesures ont permis de dépasser les chiffres de 2025, des obstacles ont bloqué l’atteinte de l’objectif initial du premier trimestre de 2026. Le patron du fisc énumère, entre autres : la contre-performance dans la collecte de certains impôts comme la taxe sur la valeur ajoutée et les impôts sur les salaires ; la mise en œuvre tardive de la réforme des taux fonciers ; l’instabilité des systèmes informatiques qui a perturbé les opérations de collecte.

Vassogbo Bamba, directeur adjoint du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, a recommandé la poursuite de la digitalisation, l’accélération de la mise en œuvre des mesures engagées et le renforcement des mécanismes de recouvrement des arriérés.

Prévisions en hausse pour le deuxième trimestre de 2026

Pour le deuxième trimestre de l’année 2026, la Direction générale des impôts (DGI) se fixe un objectif initial de 1 775,4 milliards de francs CFA de recettes fiscales. Ce montant projeté représente une hausse de 26,4 % par rapport au deuxième trimestre de l’année 2025. L’atteinte de cet objectif dépend fortement de la réussite des mesures annoncées pour corriger les dysfonctionnements relevés au premier trimestre.

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Principales sources de recettes fiscales et rôle du fisc en Côte d’Ivoire

La fiscalité en Côte d’Ivoire est basée principalement sur la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), qui constitue l’une des principales sources de recettes de l’État. Elle s’applique à la consommation de biens et services et est complétée par les impôts sur le revenu et les bénéfices, tels que l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux (BIC), l’impôt sur le revenu foncier (IRF) et l’impôt sur le salaire (IS). À cela s’ajoutent les impôts sur les biens et services, notamment les droits de douane, les taxes sur les produits pétroliers et les taxes spécifiques sur des produits ciblés comme le tabac, l’alcool ou les plastiques. Quant à l’impôt minimal forfaitaire, il impose aux entreprises un paiement de 0,5 % de leur chiffre d’affaires, même en cas de pertes.

Les recettes fiscales collectées servent au financement des investissements dans plusieurs secteurs, tels que les infrastructures de transport, l’éducation et d’autres projets de développement. En 2022, la mobilisation des ressources a contribué à l’amélioration du ratio impôts/PIB, qui est passé à 13 %. En 2023, ce ratio a atteint 14 %, avec un objectif de 15,1 % en 2026, pour se rapprocher des standards de l’UEMOA.

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La hausse des recettes fiscales contribue à la soutenabilité de la dette publique, prévue autour de 59,5 % du PIB en 2026. Les administrations fiscales, à savoir la Direction générale des impôts (DGI) et la Direction générale des douanes (DGD), jouent un rôle important dans ce processus. En 2024, elles ont permis de couvrir une part importante du budget de l’État, avec un objectif ambitieux de plus de 8 000 milliards de FCFA en 2026.