Guerre contre Israël : l’Iran sort Khorramshahr, la Russie observe et avance ses pions

Mar 6, 2026 - 19:30
Mar 6, 2026 - 20:41
Guerre contre Israël : l’Iran sort Khorramshahr, la Russie observe et avance ses pions

Guerre contre Israël : L'Iran sort Khorramshahr, la Russie...

L’Iran intensifie ses frappes contre Israël à l’aide de missiles balistiques Khorramshahr à têtes multiples. Dans un contexte de tension militaire croissante au Moyen-Orient, ces engins capables de libérer jusqu’à 80 sous-munitions et d’atteindre des vitesses dépassant 15 fois celle du son apparaissent désormais comme l’un des instruments majeurs de la stratégie militaire de Téhéran.

Plusieurs analystes estiment par ailleurs que l’appui technologique et informationnel de certains partenaires, dont la Russie, contribue à améliorer l’efficacité opérationnelle de ces armes dans les opérations militaires en cours.

Khorramshahr : la redoutable arme iranienne activée contre Israël

Dans l’arsenal balistique iranien, le missile Khorramshahr occupe une place particulière. Développé pour offrir une capacité de frappe à longue distance avec une charge importante, il constitue l’un des piliers de la doctrine de dissuasion de la République islamique d’Iran.

Ce pays a intelligemment utilisé ses vieilles armes depuis le début de la guerre pour occuper Israël à réduire son stock de missiles intercepteurs de son dôme de fer.

Les missiles Khorramshahr, réputés très difficiles à intercepter par les systèmes de défense antimissile, auraient notamment été utilisés lors de certaines opérations visant des installations militaires américaines dans la région du Golfe, notamment à Bahreïn où se trouve la 5ᵉ flotte des États-Unis.

Ces engins sont conçus pour transporter des charges lourdes et, selon plusieurs sources militaires, peuvent être équipés de têtes multiples ou de sous-munitions permettant d’augmenter leur pouvoir de saturation face aux systèmes de défense adverses.

Ce que l’on sait du missile Khorramshahr-4

La dernière évolution connue de cette famille d’armes, le Khorramshahr-4, parfois appelé « Kheibar » par les autorités iraniennes, posséderait une portée d’environ 2 000 kilomètres, ce qui lui permet d’atteindre l’ensemble du territoire israélien ainsi qu’une grande partie des bases américaines présentes au Moyen-Orient.

Ce missile est également conçu pour transporter une ogive particulièrement lourde, estimée à plus d’une tonne, ce qui le distingue de nombreux autres missiles balistiques de portée comparable.

Sa vitesse élevée, associée à une phase terminale difficile à anticiper pour les systèmes d’interception, rend son interception complexe pour les systèmes antimissiles classiques. Cette caractéristique explique pourquoi plusieurs experts militaires considèrent cette arme comme l’une des plus redoutables du programme balistique iranien.

Dans la nuit du 5 au 6 mars, Israël a été particulièrement éprouvé par une intensification des frappes attribuées aux Gardiens de la révolution iraniens. Plusieurs salves de missiles et de drones auraient été lancées, mettant à rude épreuve les systèmes de défense israéliens.

Des jours incertains semblent s’annoncer pour Tel-Aviv, où certaines familles ont commencé à quitter temporairement la ville par crainte d’une escalade militaire.

Le porte-parole de l’armée iranienne a d’ailleurs adressé un avertissement aux pays soutenant les opérations américaines dans la région :

« Tout en respectant la souveraineté nationale des pays de la région, nous déclarons : partout où les États-Unis et le régime sioniste opèrent ou mènent des actions militaires contre la République islamique d’Iran depuis ce lieu, ils seront pris pour cible avec la plus grande fermeté. »

Quand la Russie profite du nouvel équilibre géopolitique

Dans cette confrontation indirecte entre l’Iran, Israël et les États-Unis, la Russie apparaît comme un acteur observateur mais potentiellement bénéficiaire de certaines évolutions géopolitiques.

Engagée depuis plus de deux ans dans une guerre d’usure contre l’Ukraine, Moscou voit le centre de gravité de l’attention internationale se déplacer progressivement vers le Moyen-Orient.

Selon certaines informations relayées par l’administration américaine, la Russie fournirait à l’Iran des renseignements concernant certaines installations militaires occidentales dans la région. Ces échanges s’inscriraient dans un rapprochement stratégique entre Moscou et Téhéran qui s’est renforcé ces dernières années.

Depuis longtemps préparé à une confrontation indirecte avec les États-Unis, l’Iran semble déterminé à démontrer la capacité de son arsenal militaire. L’idée n’est pas de battre les Etats-Unis dans une guerre, mais de lui permettre de réaliser qu’une guerre dans la zone n’est pas une promenade de santé. Les Gardiens de la révolution misent notamment sur une stratégie d’usure susceptible de fragiliser les équilibres militaires de leurs adversaires.

Dans le même temps, la Russie pourrait tirer profit de certaines conséquences économiques du conflit. La fermeture ou la perturbation éventuelle du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, pourrait bouleverser les flux énergétiques internationaux.

Dans un tel scénario, les exportations énergétiques russes pourraient retrouver une place plus centrale sur les marchés internationaux, notamment auprès de certains pays occidentaux confrontés à de nouvelles tensions d’approvisionnement.

Stratégiquement, Moscou pourrait ainsi soutenir durablement l’Iran, à l’image du soutien apporté par les pays occidentaux à l’Ukraine, tout en consolidant ses propres intérêts économiques et géopolitiques.

Une opinion africaine souvent critique envers l’Occident

Dans ce nouveau bras de fer international, l’opinion publique africaine apparaît largement divisée des positions occidentales.

Alors que les gouvernements africains appellent pour la plupart à une désescalade diplomatique, une partie importante de l’opinion publique du continent exprime une certaine sympathie envers la position iranienne, perçue comme une contestation de l’ordre géopolitique dominé par les puissances occidentales.

Les déclarations de Donald Trump sur une guerre qui pourrait se régler en quelques jours semblent désormais lointaines, d’autant que les autorités iraniennes excluent pour l’instant toute négociation avec Washington.

Dans plusieurs pays africains, les tensions actuelles renforcent un sentiment déjà présent depuis plusieurs années : celui d’un déséquilibre des rapports internationaux où les puissances occidentales seraient perçues comme imposant leur influence politique, économique et militaire.

Pour certains observateurs africains, les interventions militaires répétées des grandes puissances dans différentes régions du monde contribuent à alimenter une défiance croissante à leur égard.

Dans ce contexte, une partie de l’opinion publique du continent estime que l’évolution du conflit pourrait profondément redessiner les équilibres géopolitiques mondiaux dans les années à venir.

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