Gnaga national du 12 septembre 2026 à la FIF : Idriss Tohé ou Malick Diallo ou quand Anne Ouloto s’en mêle

Juin 19, 2026 - 13:40
Gnaga national du 12 septembre 2026 à la FIF : Idriss Tohé ou Malick Diallo ou quand Anne Ouloto s’en mêle
Election à la FIF - Malick Tohé vs Idriss Diallo

À l’approche du scrutin présidentiel de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), prévu le 12 septembre 2026, le président sortant Yacine Idriss Diallo multiplie les manœuvres en coulisses. Alors que le football ivoirien est censé être mobilisé autour de la participation des Éléphants à la Coupe du Monde 2026, et ce, bien avant même l’appel solennel du président de la République, Idriss Diallo s’active auprès des décideurs et personnalités

pour imposer une candidature unique. Son objectif est d’éviter une confrontation électorale. Récemment encore en France, en marge du match amical contre l’équipe de France, une approche a eu lieu, après plusieurs autres à Abidjan.

Une stratégie active

Idriss Diallo a orchestré des médiations auprès de figures pour obtenir le renoncement de son principal adversaire potentiel, son premier vice-président Malick Tohé, en vue d’une liste commune. Ce dernier, décrit comme un artisan de l’élection d’Idriss Diallo en 2022, est régulièrement cité comme un prétendant crédible. Des proches du président sortant rejettent pourtant l’idée d’une candidature de Tohé et exigent sa démission, alors qu’aucun texte ne l’y oblige. Les attaques médiatiques contre de potentiels adversaires et les médiations sollicitées trahissent clairement une fébrilité du président sortant, qui risque de pourrir l’environnement électoral.

Les relations entre le président de la FIF et son vice-président se sont tendues. Malick Tohé reproche à son président de ne pas l’associer à certaines décisions, notamment financières. « Idriss Diallo n’a pas une gestion collégiale. Il décide seul et impose son point de vue, sans concertation », assurent des sources proches du dossier.

Lors d’une cérémonie au cabinet de la première dame, la ministre Anne Ouloto Lamizana, qui assurait l’intérim du ministère des Sports, a évoqué une « tension » entre Idriss Diallo et Malick Tohé, appelant à une régulation « en famille » pour faire face aux défis à venir. Disant « Idriss Tohé » et « Malick Diallo », elle a volontairement mélangé les noms et prénoms pour interpeller les deux hommes.

Des adversaires enlisés par la trêve du Mondial

Pendant qu’Idriss Diallo poursuit sa campagne, ses adversaires potentiels se trouvent contraints par la trêve imposée par la Coupe du Monde. Deux candidats sont déclarés : l’ancien international Marc Zoro, et Souleymane Cissé, président du Racing Club d’Abidjan. Idriss Diallo n’a pas déclaré officiellement sa candidature jouant la carte du président en exercice et de l’unité jusqu’au bout. Parlant d’unité, il a même affirmé aux médiateurs qu’il a le soutien de la famille de feu Sidy Diallo et de celle de Sory Diabaté. De son côté , de même que Idriss Diallo, Malick Tohé, tarde aussi à officialiser sa candidature. Il est pris entre la dynamique unitaire prônée autour des Éléphants et les pressions présentées à tort comme de simples médiations fraternelles, et non comme des injonctions.

Un bilan salué mais une peur de l’affrontement ?

Idriss Diallo brandit un bilan que certains de ses affidés jugent « extraordinaire » : modernisation des infrastructures, revalorisation des subventions aux clubs, mise en place d’un salaire minimum pour les joueurs, et surtout la victoire des Éléphants à la CAN 2023 organisée en Côte d’Ivoire. Ce succès continental et la qualification pour le Mondial 2026 renforcent sa légitimité, à en croire les siens.

Cependant, ses détracteurs s’interrogent : « Comment une personne qui a un tel bon bilan peut-elle nourrir la peur d’avoir des adversaires pour gagner proprement ? » Est-ce vrai qu’Idriss Diallo reste traumatisé par son échec lors d’une précédente tentative à la FIFA ? Et qu’à ce titre, il ne fait désormais confiance à personne en matière électorale ?
Cette méfiance explique-t-elle ses démarches pour parvenir à faire déclarer Souleymane Cissé inéligible et pour convaincre Malick Tohé de ne pas se présenter ?

Vers une intervention du chef de l’État ?

Face à cette stratégie de el’unil’ et de la candidature unique , certains estiment qu’il ne lui reste plus qu’à obtenir que le chef de l’État, Alassane Ouattara, intervienne personnellement pour demander à Malick Tohé de renoncer. Une telle démarche, contre toute attente, scellerait une candidature unique le 12 septembre 2026, car Idriss Diallo. Un privilège auquel n’a pas droit le président Alassane Ouattara lui-même face à ses adversaires et détracteurs , malgré son bilan et sa contribution aux succès des Éléphants.

Une élection sous tension

Si Idriss Diallo mise sur la stabilité et son bilan, ses adversaires disent vouloir incarner une volonté de renouveau. La dynamique unitaire autour des Éléphants sert pour le moment les intérêts du président sortant et bloque pour quelques semaines encore le démarrage du Gnaga national. Mieux : oubliant comment il avait lui-même été hué et critiqué après la victoire de 2024, Idriss Diallo pense que les résultats des joueurs suffiront à asseoir sa réélection au détriment des autres aspects non reluisants de sa gestion. Quelle idée de vouloir transformer une victoire collective en un agenda personnel ?

L’épisode du cabinet de la première dame, avec les jeux de de noms et l’appel à la régulation familiale par Anne Ouloto , illustre cette réalité. Pourtant, l’union sacrée autour des Éléphants doit résister aux ambitions personnelles et aux calculs politiques, à l’œuvre avec ces pressions sous couvert de médiations, de la part du président sortant de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF). Nous y reviendrons.