Le Togo, pivot d’une « nouvelle stratégie pour le Sahel en crise »

Avr 18, 2026 - 09:40
Le Togo, pivot d’une « nouvelle stratégie pour le Sahel en crise »
Le Togo, pivot d'une nouvelle stratégie pour le Sahel en crise

Ce samedi 18 avril 2026, le Togo va abriter une réunion stratégique pour définir « une nouvelle stratégie pour le Sahel en crise ». À cette rencontre, des représentants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), du Mali, du Niger, du Burkina Faso. Des représentants de l’Organisation des Nations unies, de pays européens sont également attendus.

Le Togo lance une nouvelle stratégie pour la stabilité du Sahel

Face à la crise qui secoue le Sahel, notamment dans les pays de l’AES, le Togo propose une « nouvelle stratégie ». Proche des pays de l’AES, le Togo est resté membre de la CEDEAO. Dans sa nouvelle vision pour le Sahel, il mise sur une « réconciliation » entre les deux organisations au nom de la lutte contre le terrorisme. La présence annoncée de représentants de l’Organisation des Nations unies et de pays européens illustre la vision large de l’initiateur.

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Pour justifier l’initiative, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, précise que dans le contexte sécuritaire actuel, un pays comme le Togo, « profondément attaché à la paix, ne peut rester indifférent et se contenter d’être spectateur mais doit plutôt se positionner comme un acteur engagé pour la paix et la stabilité régionale ». Il a rappelé que la nouvelle stratégie annoncée intervient après une première stratégie lancée en 2021.

Quatre piliers majeurs pour la première stratégie

Le ministre Robert Dussey indique que la première stratégie qui s’achève est basée sur quatre piliers. Le premier pilier intègre l’importance capitale de la coopération régionale et interrégionale au service de la paix et de la stabilité. Ce pilier appelle à des actions au sein du Conseil de l’Entente, de l’UEMOA et de la CEDEAO. « L’approche togolaise s’inscrit dans cette dynamique, en apportant un appui complémentaire et en contribuant à la consolidation des acquis, afin de renforcer l’efficacité collective et la cohérence des réponses régionales », a indiqué le ministre togolais.

Le deuxième pilier de la première stratégie promeut la vision togolaise de la paix qualifiée de « paix positive ». L’objectif selon Robert Dussey est d’apporter une « contribution active à la construction de la paix en Afrique ». L’approche développée par le Togo n’a pas seulement pour but l’absence de conflit, mais elle vise une promotion des conditions durables de « stabilité et de prospérité ».

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Quant au troisième pilier, « il est consacré au soutien aux processus de normalisation politique, de transition démocratique et d’efforts de réconciliation par la médiation ». Le Togo soutient tout mécanisme visant à anticiper la « survenance des désordres constitutionnels et démocratiques ». Mais si ceux-ci surviennent malgré tout, « il apparaît essentiel d’accompagner et de soutenir les efforts de normalisation politique, de transition démocratique et de réconciliation nationale », a indiqué le ministre Robert. Dussey.

Quel bilan pour la mise en œuvre de la première stratégie ?

À travers cette première stratégie, Lomé s’est affirmé comme un acteur majeur de médiation et de dialogue dans la sous-région ouest-africaine. Le pays a conduit plusieurs initiatives de paix, notamment la résolution de la crise diplomatique entre la Côte d’Ivoire et le Mali, qui a permis la libération des soldats ivoiriens en janvier 2023. Dans le même esprit, Lomé a soutenu le Burkina Faso durant sa transition politique et facilité des médiations impliquant des volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et des soldats ivoiriens en 2024. Face au terrorisme, le Togo et le Burkina Faso ont renforcé leur coopération et maintiennent un cadre de dialogue permanent pour garantir la stabilité et la sécurité partagée.

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Cette dynamique s’est également manifestée avec le Niger dès juillet 2023, où le Togo a privilégié la concertation pour éviter l’escalade dans un contexte régional fragile. Le bilan de cette stratégie témoigne d’un engagement constant, d’une diplomatie proactive et d’une volonté inébranlable de promouvoir la paix et la stabilité. Fidèle à son identité de terre de médiation, le Togo continue de se tenir aux côtés de ses partenaires africains pour bâtir un avenir commun fondé sur la solidarité, la sécurité et la prospérité partagée.