Alerte en Côte d’Ivoire : « la menace terroriste est réelle et persistante », Téné Birahima Ouattara
En Côte d’Ivoire, la menace terroriste reste une préoccupation majeure. Le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, met en garde contre un danger « réel et persistant », malgré un calme apparent ces dernières années.
Terrorisme : la Côte d’Ivoire sous pression, Téné Birahima Ouattara tire la sonnette d’alerte
En Côte d’Ivoire, les dernières attaques terroristes remontent à 2020 et 2021. Depuis, c’est un calme apparent qui témoigne relativement de la maîtrise de la situation par l’armée. Mais la hiérarchie militaire reste vigilante pour ne pas tomber dans le piège de l’euphorie. « La menace est réelle et persistante car, à l’instar des pays du golfe de Guinée, notre pays fait partie des cibles des différents groupes terroristes qui opèrent dans la sous-région », a confié le ministre de la Défense dans un entretien accordé à JA. Une prise de conscience qui permet de garder le dispositif en alerte maximale.
Même si la situation est difficilement évaluable compte tenu de la complexité du phénomène, Téné Birahima Ouattara assure que les forces de défense et de sécurité ivoiriennes et les services de renseignements s’investissent dans la prévention. Une stratégie d’anticipation qui permet d’étouffer toute manœuvre de l’ennemi.
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Le ministre ivoirien rejoint l’analyse de plusieurs experts et confirme que cette lutte n’est celle d’un seul pays. Selon lui, aucun pays ne peut « prétendre lutter efficacement seul contre le terrorisme » en menant la lutte seul dans son coin. Téné Birahima Ouattara regrette la suspension de la coopération entre la Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso. Il assure que les mouvements des terroristes auraient pu être mieux maîtrisés si la coopération entre « les services de renseignements (ivoiriens) et ceux des pays voisins n’avait pas été mise en veilleuse ».
La stratégie sécuritaire ivoirienne contre la menace terroriste
Dans son dispositif de prévention contre le terrorisme, la Côte d’Ivoire met l’accent sur des dispositions juridiques et sécuritaires. En 2015, une loi antiterroriste a été adoptée et une stratégie nationale de lutte mise en place. Pour consolider le dispositif, les forces de défense et de sécurité ont participé à des opérations de sécurisation afin de rester en alerte.
Le Comité interministériel de lutte antiterroriste a le lead dans la coordination de toutes ces actions. Il déploie le plan de lutte après avoir évalué et déterminé le niveau de menace. Le ministre Téné Birahima Ouattara ajoute que les forces de défense et de sécurité sont formées et équipées pour faire face à ce type de menace.
Une place importante est également accordée à la coopération internationale dans la stratégie de lutte. Le ministre de la Défense évoque des partenariats qui se manifestent par des « formations, des échanges de renseignements, des équipements et des exercices conjoints ». Dans cette coopération internationale, l’Union européenne, le commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) et l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) jouent un rôle primordial. Récemment, la Côte d’Ivoire a également renforcé ses liens militaires avec le Bénin dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
Frontières sous tensions : des patrouilles renforcées
Pour contrer la menace terroriste, la Côte d’Ivoire a renforcé la sécurisation de ses frontières. Cette montée de vigilance est également liée au contexte géopolitique marqué par des rapports difficiles avec ses voisins. Les forces de défense et de sécurité sont déployées le long des frontières pour y assurer la quiétude des populations.
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Dans cette mission, des accrochages sont souvent observés avec des forces étrangères. La Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont fréquemment impliqués dans des conflits frontaliers. Pour généralement des raisons de pénétration frauduleuse sur le territoire de l’un ou de l’autre, des arrestations sont effectuées de part et d’autre des lignes frontalières.