Cote d’Ivoire : un étudiant devant le PPEF pour un transfert suspect

Avr 24, 2026 - 19:20
Cote d’Ivoire : un étudiant devant le PPEF pour un transfert suspect
Cote d'Ivoire un étudiant devant le PPEF pour un transfert suspect

En Côte d’Ivoire, un étudiant est poursuivi devant le Pôle pénal économique et financier (PPEF) dans une affaire de transfert de fonds jugé suspect. Au cœur du dossier, une relation de confiance entre Jonhson et son ami d’enfance, Joseph. À la barre, ce dernier explique avoir été contacté depuis la France pour mettre à disposition ses coordonnées bancaires pour servir d’intermédiaire dans un transfert de 8,8 millions de francs CFA.

Côte d’Ivoire : un étudiant jugé dans une affaire de transfert suspect

Parti en France pour poursuivre ses études, Johnson, après l’obtention d’un emploi du côté de l’Hexagone, pensait faire une surprise à ses parents en rentrant discrètement en Côte d’Ivoire. Mais à peine descendu de l’avion à Abidjan, il est interpellé puis conduit au Pôle pénitentiaire d’Abidjan, ex-MACA. Après plusieurs mois de détention, il bénéficie d’une liberté provisoire et comparaît devant le Pôle pénal économique et financier (PPEF) dans une affaire de transfert de fonds jugé suspect. Il a fourni ses coordonnées bancaires pour un transfert de fonds qui serait destiné à une entreprise de sonorisation. Une fois les fonds réceptionnés, il devrait les transférer vers un compte appartenant à une certaine dame Damois.

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Les opérations ne se déroulent pas comme prévu. Sur plusieurs tentatives de transfert, seule une somme de 4 millions de FCFA parvient à être envoyée. Peu après, Joseph est contacté par dame Damois, qui lui propose de retirer l’argent via un chèque. Il affirme avoir été intrigué par certains propos de cette dernière. L’opération a eu lieu, selon Joseph, au siège de la Société générale de Côte d’Ivoire (SGCI), sis au Plateau. Selon son témoignage, dame Damois, présentée comme une ancienne agente de la SGCI, lui a clairement signifié que le transfert n’était pas très clair. Ayant décidé de quitter la société, elle a décidé d’emporter avec elle des fonds qui se trouvaient dans un compte de la banque.

Après le retrait, Joseph dit avoir reçu 500 000 FCFA, somme qu’il assure ne pas avoir utilisée. Se disant inquiet, il affirme avoir alerté son ami, à qui il reproche de ne pas lui avoir révélé la nature illicite de l’opération. Il évoque même des menaces, ce que Johnson conteste formellement. Craignant d’être impliqué, Joseph décide finalement de porter plainte. Pendant ce temps, Johnson, toujours en France, est jugé à Abidjan et condamné par défaut, sans en être informé par son ami.

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24 mois d’emprisonnement requis

À la barre, Johnson nie toute complicité avec dame Damois, aujourd’hui introuvable. Il soutient ne pas connaître les véritables intentions de cette dernière et affirme avoir lui-même appelé son ami à la prudence. Pour le procureur, les éléments du dossier démontrent une complicité dans une opération frauduleuse impliquant des fonds de la SGCI. Le parquet a requis 24 mois d’emprisonnement ainsi qu’une amende de 5 millions de FCFA. De son côté, la défense plaide la relaxe, estimant que la preuve d’une entente frauduleuse n’a pas été établie au cours des débats. Le verdict est attendu le 26 mai prochain.