Élections au Bénin : le taux de participation grimpe à 58,75 %, du jamais vu depuis 2016
Au Bénin, l’élection présidentielle d’avril 2026 porte le taux de participation le plus élevé depuis l’accession au pouvoir du président Patrice Talon. Les craintes liées au taux de participation se sont dissipées dès les premières heures du scrutin. Les chiffres provisoires communiqués par la Commission électorale nationale autonome (Cena) confirment la tendance observée dans les bureaux de vote.
Élections au Bénin : le taux de participation au plus haut depuis l’arrivée de Patrice Talon
Selon les résultats provisoires de la Commission électorale nationale autonome (CENA), le taux de participation de l’élection présidentielle de 2026 est ressorti à 58,75 %. Ceci représente le taux de participation le plus élevé après les 65,57% obtenus pour le second tour de la présidentielle de mars 2016. Depuis avril 2019, date des premières élections sous le régime de Patrice Talon, le taux de participation le plus élevé est resté bloqué à 50,76 % (communales 2020).
En 2019, le taux de participation s’est établi à moins de 30 %. Ces élections avaient été marquées par les premières réformes politiques contestées. Le scrutin avait donné lieu à des violences qui ont empêché le vote dans certaines zones. L’opposition représentée à l’époque par les Forces cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) avait invité ses militants au boycott. Seuls les partis de la mouvance avaient participé aux élections. En 2020, le taux est monté à 50,76 % pour les élections communales malgré le contexte de la COVID-19. Ces élections tenues à la suite d’un dialogue politique ont connu la participation de l’opposition modérée représentée par la FCBE, aile Paul Hounkpè.
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En 2021, le taux de participation a connu une légère baisse, passant de 50,76 % à 50,63 % pour l’élection présidentielle conflictuelle. Comme en 2019, la présidentielle de 2021 a été émaillée de violence par endroits. Recalée pour défaut de parrainage, l’opposition radicale avait une fois encore appelé au boycott et exigé la libération de ses membres incarcérés.
Un taux de participation en chute depuis 2023
Après les épisodes de 2029 et de 2021, les électeurs béninois se sont montrés de plus en plus réticents. En 2023, la participation de deux partis politiques de l’opposition (FCBE et Les Démocrates) aux élections législatives n’a pas suffi pour faire remonter le taux de participation. Il s’est établi à 37,79 %. En 2026, le taux a connu une baisse d’un point pour les élections communales et législatives. Les taux de participation étaient de 36,67 % et 36,74 %.
Comment le taux de participation est remonté pour la présidentielle de 2026
Pour l’élection présidentielle d’avril 2026, le taux de participation a été traité comme un enjeu majeur. Les différents acteurs, notamment ceux du camp présidentiel, en ont fait un défi majeur à relever. La campagne électorale n’a pas été seulement l’occasion d’expliquer les projets de société, mais de susciter une forte mobilisation des électeurs à aller aux urnes. Même le jour du scrutin, le président sortant a lancé un appel solennel dans ce sens.
Au regard des premières statistiques publiées par la Commission électorale nationale autonome, on peut dire que la stratégie de mobilisation a marché. Elle annonce un taux de participation de 58,75 %. Romuald Wadagni, candidat de la mouvance, remporte l’élection avec 94,05 % des suffrages exprimés, un K.O retentissent, mais sans surprise.
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En saluant l’élection de Romuald Wadagni, Abdoulaye Bio Tchané, président du Bloc républicain (BR), n’a pas occulté le taux de participation. « Le taux élevé de participation observé lors de ce scrutin témoigne… de la vitalité de notre démocratie et de la confiance renouvelée de notre peuple, non seulement en votre leadership, mais aussi dans les réformes engagées, notamment celles relatives au système partisan », a-t-il écrit.
Pour le ministre d’État chargé du Développement et de la Coordination de l’Action gouvernementale, « cette mobilisation exceptionnelle est le signe d’un peuple qui croit en l’avenir et qui se reconnaît dans la trajectoire » que le nouveau président propose pour le pays.