Illisibilité dans la stratégie du PPA-CI pour faire libérer ses prisonniers – Opinion
Depuis octobre, le nombre de prisonniers du PPA-CI a augmenté en Côte d’Ivoire. Après la séance de bombage de muscles remportée par le pouvoir d’Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et ses partisans sont aujourd’hui bien discrets et l’inquiétude monte pour leurs camarades mis aux arrêts.
Comment Laurent Gbagbo et le PPA-CI comptent-ils libérer leurs camarades ?
« Ils veulent la bagarre, ils auront la bagarre », lançait le Président Laurent Gbagbo en meeting à Port-Bouët alors que se profilait à l’horizon la menace sur sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2025. Cette menace s’est depuis traduite en réalité et rien ne s’est passé. Aucune bagarre, sauf l’emprisonnement de plusieurs leaders du PPA-CI, qui selon la justice ivoirienne, préparaient des actions subversives. Moïse Lida Kouassi, Koné Boubacar, Blaise Lasm, Dahi Nestor et l’intrépide Damana Adia Pickass sont depuis enfermés.
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Beaucoup se demandaient ce que ferait le Président Laurent Gbagbo en cas de rejet de sa candidature, mais aussi d’emprisonnement de ses militants. La réponse est devant le peuple : « rien » ! Et la séquence d’arrestation de ses proches est suivie d’une longue période de silence qui fait planer un encore plus gros doute sur l’avenir des prisonniers.
Aucune lisibilité dans la stratégie du PPA-CI pour obtenir la libération de ses militants. Des marches de revendications sont-elles envisagées pour tenter de faire plier le pouvoir du Président Alassane Ouattara ? Aucun élément de réponse ne confirme cette éventualité. C’est pourtant l’occupation de la rue qui a durant longtemps forgé la puissance du FPI et son ancien leader Laurent Gbagbo.
Ne faut-il pas changer la stratégie ?
L’ex-Président va-t-il enfin décrocher son téléphone pour demander une intervention du Président Alassane Ouattara dans la libération de ses militants ? Rien ne laisse penser qu’une telle issue figure au programme des actions du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) pour changer de l’immobilisme actuel.
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Sauf que les jours passent et les prisonniers continuent de fixer les murs du PPA, ex-MACA. Un adage africain dit : « Là où la force échoue, la patience triomphe. » Sauf que lorsque la durée de la patience profite à l’adversaire, il est plus que nécessaire de trouver une autre option.
« Quand le lion ne peut vaincre, il apprend à négocier. » Le PPA-CI devrait peut-être commencer à négocier pour avoir, ne serait-ce, la libération de ses prisonniers qui s’entassent dans les lieux de détention du pays, à défaut de la réintégration de son leader dans le jeu politique.
Une démarche officielle de négociation assumée, et rendue publique, dans un souci d’apaisement, pourrait amener les actuels tenants du pouvoir en Côte d’Ivoire à faire un geste de décrispation. Sinon comment relâcher la pression quand l’adversaire vaincu donne l’impression d’attendre le meilleur moment pour frapper ?
Pendant ce jeu à se faire peur, de nombreuses personnes passent le clair de leur temps en prison. Ayez oreilles.