KDS Holding : escroquerie de 10 milliards FCFA, Koffo Doga Sévérin fixé le 13 avril
Koffo Doga Sévérin, PDG de KDS Holding, accusé par plusieurs centaines de plaignants d’escroquerie portant sur plus de 10 milliards de FCFA, était devant le juge. Hier, mercredi 8 avril, le Pôle pénal économique et financier (PPEF) examinait sa demande de mise en liberté provisoire.
Le DG de KDS Holding, Koffo Doga Sévérin reste en prison
Le procès de Koffo Doga Sévérin, PDG de KDS Holding, s’est ouvert ce mercredi 8 avril 2026 au Pôle pénal économique et financier (PPEF) d’Abidjan. Dès l’entame des débats, la défense a introduit une demande de liberté provisoire en faveur de l’accusé, placé sous mandat de dépôt depuis le 26 juin 2024. Il totalise donc près de 22 mois de détention préventive.
Selon son avocat, la place de Koffo Doga Sévérin, père de six enfants, est auprès de sa famille. La défense a pour ce faire présenté un contrat de bail locatif pour attester que son domicile est connu des autorités judiciaires, et a soutenu que son client n’a jamais tenté de fuir la justice avec laquelle il s’est toujours montré coopératif depuis le déclenchement de l’affaire.
Cette demande de mise en liberté, assortie d’une caution de 10 millions de FCFA, a toutefois été rejetée successivement par le Parquet, puis par l’avocat des 467 souscripteurs qui se disent victimes de la société KDS Holding.
Lire aussi : Côte d’Ivoire : Apoutchou National risque 7 ans de prison pour blanchiment de
Pour la partie civile, la gravité des faits, une présumée escroquerie par appel public portant sur plus de 10,238 milliards de FCFA, justifie le maintien en détention du prévenu. D’autres victimes se sont même présentées au procès, ce qui pourrait alourdir le montant du préjudice.
L’avocat des victimes évoque par ailleurs des risques sécuritaires en rappelant les tensions survenues au début de l’affaire. Il estime qu’une liberté provisoire pourrait exposer l’accusé. De plus, il s’étonne que M. Koffo Doga Sévérin, au vu de la faramineuse somme détournée, ne se soit pas encore acheté de biens immobiliers puisqu’il habite une maison en location. Il pourrait donc disparaître à tout moment en cas de levée de sa détention.
La décision du juge attendue pour le 13 avril
À l’issue de l’audience, le juge a fait savoir que sa décision sur la demande de liberté provisoire sera rendue le lundi 13 avril. La date de reprise du procès sera également fixée à cette occasion pour permettre aux deux parties de mieux préparer leurs dossiers.
Lire aussi :Saïd Penda prend 6 mois de prison ferme pour diffamation
Pour rappel, l’affaire KDS a éclaté à la suite de nombreuses plaintes de souscripteurs l’accusant d’avoir mis en place un système d’investissement lié au transport VTC, avec des promesses de rendements non tenues. Plusieurs centaines de victimes constituées parties civiles en dénonçant des pertes financières importantes, dans un dossier portant sur plus de 10 milliards de FCFA et ayant suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique.
Cette affaire de la KDS Holding rappelle le dossier Yapi Christophe (agrobusiness). Cet homme d’affaires qui avait grugé plusieurs centaines de souscripteurs dans l’agro-business. Il était accusé par la justice d’avoir mis en place un système de ponzi jusqu’à éclatement de la bulle. Ce dernier n’est jamais allé en prison puisqu’il s’est exilé en France dès l’entame de la procédure judiciaire.