Niger : une décision choc, 2 personnes déchues de leur nationalité
Au Niger, le président Abdourahamane Tiani a déchu deux personnes de leur nationalité nigérienne par décret pris le mercredi 1ᵉʳ avril 2026. Il s’agit d’une mesure de sanction provisoire en répression à des infractions commises par les intéressés. Ce n’est pas une première. Le chef du régime militaire avait déjà pris une décision similaire qui prive une vingtaine de personnes de leur nationalité nigérienne.
Niger : le général Tiani prend un nouveau décret de déchéance de la nationalité
Takoubakoye Amanata, née Aminata Boureima, née le 23 septembre 1970 à Niamey, et Djibo Yaya, né le 16 juillet 1983 à Bonoua en Côte d’Ivoire, ne sont plus actuellement nigériens. Ils ont été déchu de leur nationalité parce qu’ils sont soupçonnés de mener des « activités susceptibles de perturber la paix et la sécurité publique ». Ces intéressés seraient également auteurs de « production et de diffusion de données de nature à troubler l’ordre public, de diffamation, d’injures par moyen de communication électronique et d’apologie du terrorisme ».
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Le décret de déchéance provisoire de la nationalité nigérienne des deux personnes a été pris conformément aux dispositions de « l’ordonnance du 27 août 2024, instituant un fichier des personnes, groupes de personnes ou entités impliqués dans des actes de terrorisme ou dans toutes autres infractions portant atteintes aux intérêts stratégiques et/ou fondamentaux de la Nation ou de nature à troubler gravement la tranquillité et la sécurité publique et fixant les, modalités d’inscription et de retrait ainsi que les effets y relatifs, modifiée et complétée par l’ordonnance du 07 octobre 2024 ».
Les premières personnes ciblées par cette ordonnance sont des membres du régime de Mohamed Bazoum, déchu depuis juillet 2023. Sur les premières listes des personnes déchues de la nationalité, on peut identifier l’ancien ministre des Affaires étrangères, Hassoumi Massoudou, et l’ancien ministre du Commerce, Alkache Alhada. De hauts gradés proches de Mohamed Bazoum ont été également déchus de la nationalité nigérienne. Ils sont accusés d’actes subversifs susceptibles de provoquer la déstabilisation du régime militaire.
Quel espoir pour les personnes déchues de la nationalité ?
La mesure de déchéance de la nationalité est provisoire. Elle est prise en attendant une décision de justice définitive qui condamne ou acquitte les mis en cause. La déchéance devient donc définitive si la personne en cause est reconnue coupable. Dans le cas contraire, elle peut être rétablie dans ses droits et prendre pleinement sa nationalité. Les proches de Mohamed Bazoum sont moins optimistes quant à un éventuel rétropédalage sur leur cas. . Ils estiment qu’ils sont la principale cible de cette ordonnance.
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Les personnes déchues de leur nationalité sont livrées à une insécurité juridique. Les cas les plus compliqués sont ceux ne disposant pas d’une autre nationalité. Ils sont considérés comme des apatrides.