Côte d’Ivoire : délestage, 16 arrestations, Jean-François Kouassi charge Ouattara
Des manifestations à Bocanda contre le délestage ont provoqué 16 arrestations de manifestants. Jean-François Kouassi s’est saisi du même sujet plus au Sud pour asséner quelques vérités au Président Alassane Ouattara, en voyage malgré les souffrances des populations.
Délestage : ce qui s’est passé à Bocanda
La ville de Bocanda, au centre de la Côte d’Ivoire, dans la région N’Zi, a été au centre de manifestations d’élèves et de la population le 19 mars dernier. Après plusieurs jours de perturbation de la distribution de l’eau et de l’électricité, les élèves de la ville se sont levés contre les autorités de la ville.
Lire aussi : Côte d’Ivoire : Jean François Kouassi affirme avoir été arrêté
Ils ont cherché à manifester devant la sous-préfecture mais sont arrêtés net dans leur marche par les forces de l’ordre. Des échauffourées se seraient ensuite produites, ce qui a amené la police à gazer les manifestants, des élèves, rejoints par des jeunes des quartiers.
Plusieurs arrestations sont dénombrées, dont 16 personnes conduites au commissariat de la ville avant d’être déférées devant le parquet de Dimbokro.
Le problème de la bonne distribution de l’électricité et de l’eau est un problème quasiment commun à plusieurs villes du pays. Dans la commune d’Abobo et à Anyama, plusieurs sous-quartiers souffrent de ces coupures d’électricité. Jean François Kouassi, jeune leader politique relevé avant les dernières élections présidentielles, a donné de la voix.
Jean-François Kouassi fustige la gouvernance d’Alassane Ouattara
Il s’est plaint des nombreux voyages du Président Alassane Ouattara vers la France alors que les ivoiriens qu’il est censé diriger souffrent de plusieurs difficultés. “Nous venons de passer une énième nuit dans le noir et les moustiques ici à Abobo pendant ce temps notre cher Président est en train de voyager à l’autre bout du monde aux frais du contribuable ivoirien en nous abandonnant à notre sort.”
Lire aussi : Côte d’Ivoire : Jean François Kouassi déposé en prison
Cette sortie remarquée du jeune leader montre les difficultés des autorités ivoiriennes à adresser les problèmes des populations. S’en prenant au bilan carbone du Président Ouattara qui fait en moyenne un séjour en France par mois, il a ajouté : “Cher Prédécesseur C’est en Côte d’Ivoire ici qu’on vous a élu Président et non en France. Si gouverner les Ivoiriens ne vous intéresse plus je vous invite à démissionner car personne ne vous oblige à continuer à être Président de la République.”
En plus du coût de la vie devenu cher et cela ne va pas s’arranger les semaines à venir avec la possible augmentation du prix du carburant, du fait de la guerre Etats-Unis – Israël – Iran, la situation pourrait empirer.
Outre la question de l’électricité et de l’eau constatée aussi à Anyama, le problème du mauvais paiement du Café et du Cacao secoue également l’actualité ivoirienne. Pour Jean-François Kouassi, le Président Ouattara qui fait preuve d’un désintérêt de la situation, doit expliquer le bien-fondé de ses nombreux voyages.
“Dans un contexte aussi difficile pour les Ivoiriens qui croulent sous le poids de la cherté de la vie, les paysans désemparés à cause du Cacao impayé, les coupures d’électricité et d’eau courante récurrentes, je trouve injuste et cynique votre train de vie et celui de vos ministres et tous vos voyages fastueux et innombrables”, déclare celui qui se présente comme le président des jeunes avant d’ajouter :
Lire aussi : Côte d’Ivoire : Jean François Kouassi condamné
“Il va falloir nous expliquer ce que ces nombreux voyages nous rapportent et coûtent au contribuable ivoirien à la fin. Je vous rappelle qu’il y a 37 % de la population qui ne mangent pas dans ce pays soit environ 10 millions d’habitants. Ce n’est pas ainsi que je conçois l’égalité dans la République cher prédécesseur. Je vous invite donc à revoir votre train de vie et celui de vos ministres au nom de l’équité et de la solidarité nationale.”
Début janvier 2026, Jean-François Kouassi avait été mis aux arrêts et condamné pour avoir critiqué la façon dont étaient faits les recrutements de fonctionnaires dans la fonction publique. Pour lui, le processus de recrutement était inéquitable vis-à-vis des autres ivoiriens.
Lire aussi : Côte d’Ivoire : Parole critique, cellule immédiate, cas Jean-François Kouassi