Le PPA-CI interdit son congrès à Blaise Lasm, en prison ! – Analyse

Mai 13, 2026 - 21:10
Le PPA-CI interdit son congrès à Blaise Lasm, en prison ! – Analyse
PPA-CI Blaise Lasm Stéphane Kipré Laurent Gbagbo Ahoua Don Mello

Dure et incompréhensible, la décision du PPA-CI d’interdire la participation à son prochain congrès à plusieurs de ses cadres, dont Blaise Lasm, présentement en détention. Comment le parti slogué « Asseyons-nous et discutons » a-t-il pu devenir aussi expéditif que rigide ?

Grotesque interdiction du congrès du PPa-CI à Blaise Lasm

Aujourd’hui, c’est Blaise Lasm, Stéphane Kipré ou encore Ahoua Don Mello qui sont interdits du congrès du PPA-CI, auquel ils ont adhéré et pour lequel ils se battent depuis de nombreuses années. Blaise Lasm, présentement en prison pour « atteinte à la sûreté de l’État et appel à l’insurrection », des accusations jusqu’ici non confirmées par une justice qui ne s’est pas encore prononcée dans le cadre d’un procès, voit son parti lui tourner le dos. La raison : il a présenté sa candidature aux législatives de Dabou alors que le PPA-CI avait demandé à ses cadres de boycotter ces élections.

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Depuis le retour du Président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, après plusieurs années de détention injuste à La Haye, les erreurs n’ont cessé de se succéder. L’ancien Président, outre le spectacle peu glorieux du rejet de son ex-épouse Simone Ehivet Gbagbo à l’aéroport, avait aussi laissé une enveloppe vide : le FPI, à Pascal Affi N’Guessan. Ces deux actes marquants ont laissé des traces indélébiles sur son image, d’autant plus que d’autres options plus viables étaient possibles.

En effet, Laurent Gbagbo n’aurait pas dû refuser d’embrasser Simone Gbagbo publiquement. En humiliant son ex-épouse, c’est plusieurs femmes, mères et soutiens féminins qu’il a vexés. Le fils de Mama aurait dû saluer convenablement Simone Gbagbo, d’autant plus qu’il s’est séparé de son ex-épouse, pas de sa camarade militante.

En ce qui concerne Pascal Affi N’Guessan, Laurent Gbagbo a toujours fait la publicité de son sens du dialogue. Son fameux « Asseyons-nous et discutons » aurait dû être mis en pratique sur ce problème, visiblement le plus épineux de l’histoire du Front Populaire Ivoirien. Refuser l’arbre à palabres sous lequel l’attendait son ancien Premier ministre est quelque chose de purement anti-Gbagbo, du moins tel que les Ivoiriens croyaient le connaître.

« Asseyons-nous et discutons », c’est pour quand ?

On ne discute pas seulement lorsqu’on est en difficulté et qu’on attend de l’adversaire qu’il lâche du lest. La valeur de la discussion est plus grande lorsqu’elle est initiée par le plus fort.

L’histoire retiendra que Laurent Gbagbo a refusé de parler avec Affi N’Guessan, et pas davantage avec Simone Gbagbo. Il a préféré créer le PPA-CI pour ne pas avoir à négocier avec Affi, qui, fort curieusement, était convoqué à ses côtés au moment du front commun. Ces discussions opportunistes et circonstancielles jettent un doute sur la cohérence entre la parole et les actes.

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Laurent Gbagbo, pour beaucoup de ses admirateurs, allait, une fois en Côte d’Ivoire, rappeler à ses côtés tous les militants du FPI dispersés dans les petits partis politiques créés après la chute du régime de la Refondation. C’est Mamadou Koulibaly, Charles Blé Goudé et bien d’autres que les militants du FPI espéraient revoir à la maison avec le retour du chef.

Les échecs répétés après la grande scission au sein du Front Populaire Ivoirien n’ont visiblement pas servi de leçon. Ahoua Don Mello sera bientôt exclu du parti, selon nos informations. Il a d’ores et déjà été informé, comme Blaise Lasm et Stéphane Kipré, qu’il n’est pas le bienvenu au prochain congrès.

Dans le cas de Lasm, cette décision est proprement grotesque. C’est son activisme au sein du parti qui l’a conduit en prison ; aussi, même s’il a été candidat depuis son lieu de détention, l’urgence le concernant devrait plutôt se déplacer vers la lutte pour sa libération, au lieu de le rejeter. Stéphane Kipré, lui, est depuis devenu épistolier, tant il a adressé de courriers sans réponses favorables à la haute direction du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI).

Il est où, le slogan « Asseyons-nous et discutons » ? Avec qui discute-t-on au PPA-CI, puisque tous ceux qui sont en désaccord au sein de cette formation sont systématiquement éjectés des rangs ou marginalisés ? Avant de donner de grandes leçons de tolérance au pouvoir RHDP, critiqué par le PPA-CI pour sa soi-disant rigidité, les pro-Gbagbo devraient interroger leur propre flexibilité, la tolérance de leurs dirigeants et leur capacité d’adaptation, parce que la maison se vide.

Ayez oreilles.