Attaques au Mali : Emmanuel Macron pointe les conséquences du retrait des forces françaises

Mai 11, 2026 - 08:10
Attaques au Mali : Emmanuel Macron pointe les conséquences du retrait des forces françaises
Attaques au Mali : Emmanuel Macron pointe les conséquences du retrait des forces françaises

À Nairobi dans le cadre du sommet « Africa Forward« , Emmanuel Macron s’est prononcé sur les récentes attaques meurtrières survenues au Mali. Alors que Paris est accusée de soutenir les terroristes et les rebelles contre Bamako, le président français pense que ce qui se passe est probablement la conséquence du départ forcé des forces françaises décidé par le régime militaire d’Assimi Goïta.

Mali : Emmanuel Macron accuse les « putschistes » d’avoir fragilisé la lutte antiterroriste

Le président Emmanuel Macron est revenu sur le départ des forces françaises du Mali en 2022. Ce départ a été l’une des décisions fortes prises par le régime militaire installé après le coup d’État pour marquer la rupture avec la France. « Il y a un coup d’État au Mali, vous ne voulez plus de la France parce que vous ne voulez plus lutter contre le terrorisme ? Nous partons. Comme on dit en bon français, « sans rancune » », a rappelé le président français.

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Avec le recul et surtout avec l’actualité récente de la série d’attaques coordonnées lancées dans plusieurs villes maliennes par les terroristes du Jnim et les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA), Emmanuel Macron estime que le gouvernement de transition n’avait probablement pas pris la bonne décision. « Malheureusement, l’actualité montre que ce n’était sans doute pas la meilleure décision que les putschistes maliens avaient prise pour leur pays », a-t-il affirmé.

Il a profité de l’occasion pour rendre hommage aux soldats français tombés au front en luttant contre le terrorisme au Mali. « Je veux ici saluer la mémoire de nos soldats tombés trop nombreux pour la souveraineté et l’intégrité territoriale du Mali entre 2013 et 2020 », a-t-il déclaré. Pendant cette période où la France proposait son appui militaire au Mali, 58 soldats français ont trouvé la mort. Ils étaient engagés dans les opérations Serval et Barkhane.

La Russie s’installe après le départ forcé de la France

Accusée de soutenir les terroristes, la France a été forcée de quitter le Mali avec ses soldats après le coup d’État de 2020. Sous la direction du colonel Assimi Goïta, les militaires ont mis fin aux accords de coopération entre Bamako et Paris. La France a pris acte de la décision et a organisé le retrait de ses troupes. Elle a toujours rappelé que le déploiement de ses forces en 2013 est intervenu suite à l’appel des autorités maliennes pour stopper l’avancée du terrorisme dans le pays.

Après le départ des forces françaises, l’équipe d’Assimi Goïta n’a pas perdu de temps. Les nouvelles autorités ont signé de nouveaux accords militaires avec la Russie qui a pris la place de la France dans le dispositif de lutte contre le terrorisme. Au début, ni les autorités maliennes ni les autorités russes n’assumaient clairement ses accords. Pour répondre aux rumeurs à l’époque, il avait été avancé que la Russie a juste déployé des instructeurs pour former les Forces armées maliennes (FAMa). Les accords prévoient également la livraison d’équipements militaires par la Russie pour renforcer la capacité d’action des soldats maliens.

Mais avec le temps, l’opinion a compris qu’il ne s’agit pas simplement de formation et d’équipement. Des soldats russes du groupe paramilitaire Wagner étaient déployés et combattaient aux côtés des militaires maliens. Aujourd’hui, c’est l’Africa Corps qui remplace Wagner dans ce rôle. Depuis les attaques du 25 avril 2026, les mercenaires russes de l’Africa Corps ne se cachent plus. Ils ont lancé une vaste campagne de communication sur les combats qu’ils mènent sur le terrain contre les terroristes et les rebelles. Ils revendiquent par ailleurs leurs liens avec les forces armées russes.