Niger : France 24, RFI, Jeune Afrique, l’AFP… neuf médias étrangers suspendus

Mai 9, 2026 - 15:50
Niger : France 24, RFI, Jeune Afrique, l’AFP… neuf médias étrangers suspendus
Niger  France 24, RFI, Jeune Afrique, l'AFP… neuf médias étrangers suspendus

Au Niger, plusieurs médias étrangers sont interdits d’activités. Dans un communiqué daté du 8 mai 2026, l’Observatoire national de la communication (ONC) a annoncé la suspension de neuf médias. La plupart des médias sont des médias occidentaux. Selon le régulateur de la presse, ces médias ont diffusé des contenus susceptibles de « mettre gravement en péril l’ordre public ». Cette décision intervient quelques jours après la suspension de TV5 Monde au Burkina Faso pour « désinformation ».

Niger : neuf médias étrangers suspendus

Jusqu’à nouvel ordre, France 24, RFI, France Afrique Media, LSI Africa, AFP, TV5 Monde, TF1 Info, Jeune Afrique et Mediapart « sont suspendus sur toute l’étendue du territoire national pour diffusion récurrente de contenus susceptibles de mettre gravement en péril l’ordre public, l’unité nationale, la cohésion sociale et la stabilité des institutions de la République », lit-on dans le communiqué de l’ONC. Le communiqué ne détaille pas les contenus incriminés.

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Le communiqué précise que la décision doit être « immédiatement » appliquée. Le texte indique également que « la suspension concerne les bouquets satellitaires, les réseaux câblés, les plateformes numériques, les sites internet, les applications mobiles ». Ce n’est pas la première fois que le régime militaire cible des médias étrangers dans une mesure de sanction. Quelques jours après leur installation à la suite du coup d’État survenu en juillet 2023, les militaires ont suspendu RFI et France 24. En décembre 2024, la BBC a subi le même sort.

RSF demande la « levée immédiate » de la suspension des neuf médias

Reporter sans frontières (RSF) a réagi à la décision du Niger de suspendre France 24, RFI, France Afrique Media, LSI Africa, AFP, TV5 Monde, TF1 Info, Jeune Afrique et Mediapart. L’ONG internationale a demandé aux autorités de lever la mesure. Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, a confié que les autorités nigériennes, en agissant ainsi, veulent « nier le droit à une information plurielle ».

Pour RSF, les accusations portées contre les médias visés sont « forgées de toute pièce ». RSF fait savoir que cette décision rejoint les actions de violation de la liberté de la presse constatées au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

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Les trois pays membres, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger, affichent d’ailleurs un tableau sombre dans le récent rapport de Reporters sans frontières sur l’état de la liberté de la presse dans le monde. Dans ce classement 2026, le Burkina Faso occupe la 110ᵉ place contre 105ᵉ en 2025. Le Niger se classe 120ᵉ avec un score de 46,02 en perdant 37 places. En 2025, il avait occupé la 83ᵉ place avec 57,05. Quant au Mali, il occupe la dernière position au sein de l’Alliance des États du Sahel. Il occupe la 121ᵉᵉ contre 119ᵉ place en 2025.