Orpaillage clandestin : Deux dozos risquent gros
Koné Lacina et Diakité Noumougbe, deux dozos accusés de pratique d’orpaillage clandestin, sont actuellement détenus au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (ex-MACA) après leur interpellation sur un site d’exploitation minière clandestine. Présentés devant la justice, ils sont soupçonnés d’implication dans un réseau organisé d’orpaillage illégal.
Orpaillage clandestin : Les dozos Koné Lacina et Diakité Noumougbe risquent 36 mois de prison
À la barre, les deux prévenus ont affirmé qu’ils intervenaient sur le site uniquement en qualité de vigiles. Ils soutiennent ne pas avoir été informés du caractère illégal de l’activité. Une ligne de défense rejetée par le ministère public, qui estime au contraire que l’exploitation en question relève d’un réseau structuré et cela justifie des poursuites pénales.
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Le procureur a requis une peine de 36 mois d’emprisonnement ferme contre les deux accusés. Toutefois, la situation de Diakité Noumougbe pourrait s’alourdir. Lors de son arrestation, il a été trouvé en possession d’une arme à feu de type calibre 12.
Interrogé sur la légalité de cette détention, le prévenu a reconnu ne disposer d’aucune autorisation officielle délivrée par les autorités ivoiriennes. Il a cependant invoqué son appartenance à la confrérie des dozos tout en affirmant être détenteur d’une carte de membre. Un argument immédiatement écarté par la juge, qui a rappelé que cette qualité ne confère aucun droit légal à la détention d’une arme à feu.
Prenant la parole après les réquisitions du parquet, Diakité Noumougbe a expliqué que, selon les responsables de leur confrérie, les membres seraient autorisés à porter des armes de type calibre 12, à l’exclusion d’armes de guerre comme les kalachnikovs. « On nous a dit qu’on ne pouvait pas porter des armes comme les Kalach, mais que les calibres 12 étaient permis », a-t-il déclaré.
La question de l’armement des dozos
Des propos qui, s’ils sont avérés, soulèvent des interrogations sur l’encadrement et l’interprétation des règles au sein de certaines confréries traditionnelles.
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En Afrique de l’Ouest, les dozos, ou donzo, constituent une confrérie de chasseurs traditionnels, historiquement chargés de la protection des communautés rurales. En Côte d’Ivoire, leur rôle a évolué au fil des crises, notamment lors de la crise post-électorale de 2010-2011, où ils ont été perçus comme des forces supplétives de la rebéllion armée.
S’ils sont parfois salués pour leur contribution à la lutte contre le grand banditisme, notamment contre les « coupeurs de route », leur implication dans des activités sécuritaires non encadrées suscite régulièrement des critiques.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. En attendant la décision, les deux prévenus demeurent en détention.