Le Burkina Faso en colère après une résolution de l’UE

Juin 23, 2026 - 10:30
Le Burkina Faso en colère après une résolution de l’UE
Le Burkina Faso en colère après une résolution de l'UE

Le Burkina Faso a formellement exprimé sa colère suite à l’adoption d’une résolution de l’Union européenne. Cette résolution portée par un eurodéputé alerte sur la « répression de l’espace civique et des libertés fondamentales ». Ouagadougou a convoqué l’ambassadeur de l’Union européenne (UE), Philippe Bronchain, pour lui faire part de son désaccord sur cette résolution. Cette résolution intervient alors qu’un vent de dissolution et de suspension fait des vagues dans le rang des associations et organisations non gouvernementales.

Burkina Faso : l’ambassadeur de l’UE convoqué

Jean-Marie Traoré Karamoko, ministre burkinabè des Affaires étrangères, a convoqué l’ambassadeur de l’Union européenne ce lundi 22 juin 2026. Au cœur des échanges : la résolution adoptée par le parlement européen qui accuse le gouvernement de transition dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré de répression de l’espace civique et de violation des droits fondamentaux. Le patron de la diplomatie burkinabè a haussé le ton pour exprimer la réprobation de son pays.

Lire aussi : Lutte contre le terrorisme: L’Union européenne veut renforcer sa collaboration avec le Burkina

Pour le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, cette résolution de l’Union européenne a suscité du « dégoût ». « Nous avons tenu à convoquer l’ambassadeur de l’Union européenne pour lui faire part de notre désapprobation, de notre déception et surtout du dégoût que cette résolution a suscité en nous », a-t-il déclaré. Le ministre a ajouté que « l’argument qui a été prononcé devant les députés est cousu d’informations totalement erronées ».

Face à la colère du ministre des Affaires étrangères, le chef de la délégation de l’Union européenne est resté calme. Il déclare avoir « pris note » de tout ce qui lui a été indiqué par le ministre Jean-Marie Traoré Karamoko. Il a assuré qu’il rendra fidèlement compte aux autorités à Bruxelles.

Une deuxième résolution qui cible l’Alliance des États du Sahel

La résolution adoptée lundi dernier est la deuxième qui cible l’Alliance des États du Sahel (AES) en l’espace de quelques mois. La première était dirigée contre le régime militaire à la tête du Niger. Le parlement de l’Union européenne avait exigé la libération du président déchu Mohamed Bazoum, détenu depuis juillet 2023 à la suite du coup d’État. Cette résolution avait suscité une vive indignation des trois pays membres de l’AES.

Lire aussi : Résolution de l’UE sur Mohamed Bazoum, le Niger proteste

Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso et président en exercice de la Confédération de l’AES, avait dénoncé cette résolution. Il avait condamné « avec fermeté l’ingérence grave, concertée et délibérée » de l’UE dans une affaire interne. Le capitaine Traoré a invité les députés du parlement européen à « se recentrer sur la gestion de leurs propres crises sociétales ». Il a rappelé que l’Alliance des États du Sahel (AES) n’a pas « d’injonctions ni de leçons de gouvernance à recevoir ».