Le Burkina Faso interdit l’importation du riz sur son territoire
Au Burkina Faso, l’importation du riz est formellement interdite jusqu’à nouvel ordre. Il s’agit d’une mesure conjointe prise par le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, par le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, ainsi que par le ministère de l’Économie et des Finances. Selon les autorités, cette décision permettra de soutenir la production locale.
Burkina Faso : l’importation du riz interdite pour booster la production locale
Pour « favoriser l’écoulement de la production nationale de riz », les autorités burkinabè décident de suspendre l’importation de ce produit. La mesure doit être respectée sur l’ensemble du territoire national jusqu’à nouvel ordre. « Par conséquent, la délivrance des autorisations spéciales d’importation (ASI) du riz est suspendue. » Par ailleurs, un délai de deux (02) mois est accordé aux importateurs qui détiennent à ce jour des autorisations spéciales d’importation (ASI) du riz en cours de validation pour procéder aux formalités d’importation. Passé ce délai, ces autorisations ne seront plus valables.
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Le Gouvernement en appelle au patriotisme économique, au sens de la responsabilité et à la pleine collaboration de l’ensemble des opérateurs économiques, ainsi que de l’ensemble des services techniques de l’État, notamment les services de contrôle aux postes frontières et les forces de sécurité pour la mise en œuvre effective de la présente mesure.
Le gouvernement attache du prix à la mesure et menace de sanctionner « tout contrevenant à cette décision ». Des numéros (80 00 11 84/85/86) verts sont mis à disposition des populations pour signaler tout cas de non-respect.
Le gouvernement mise sur les producteurs pour l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire
L’interdiction de l’importation du riz coïncide avec une visite du Premier ministre à la rizicole de Bama. Le chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, est allé encourager les producteurs et les techniciens agricoles engagés sur ce site de production installé sur 1 260 hectares aménagés. Le directeur régional du ministère en charge de l’Agriculture, Éric Pascal Adanabou, a confié que la plaine est exploitée par plus de 150 producteurs organisés en plusieurs coopératives et disposant d’unités de transformation.
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Sur ce site de production, les producteurs s’adaptent à toutes les saisons. « Nous avons été instruits par notre ministre de tutelle de produire pendant toutes les saisons, en campagne sèche comme en campagne hivernale. Nous sommes à notre troisième production de l’année. Lors de la première production, nous avons cultivé du riz ; à la deuxième, c’était du blé ; et pour cette troisième production, nous produisons à nouveau du riz », a expliqué Éric Pascal Adanabou.
Nous produisons deux variétés de riz : TS2 et Orylux. Pour cette campagne sèche, 230 hectares sont exploités pour la culture du riz, avec un rendement de six tonnes à l’hectare.
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Aux producteurs de Bama, le Premier ministre a rappelé l’objectif principal qui est d’atteindre l’autosuffisance alimentaire au Burkina Faso. Ils ont été encouragés à maintenir le cap afin que la stratégie nationale soit rigoureusement mise en œuvre. Les encadreurs et les cadres du ministère de l’Agriculture ont été instruits pour renforcer les mesures d’accompagnement des producteurs.