Niger : les groupes d’autodéfense comme les VDP au Burkina Faso ?

Mar 31, 2026 - 08:00
Niger : les groupes d’autodéfense comme les VDP au Burkina Faso ?

Le Niger instaure les groupes d’autodéfense pour renforcer sa stratégie de lutte contre le terrorisme. C’est une nouvelle carte validée par le dernier conseil des ministres. De quoi retourne cette mesure qui ressemble fortement à l’option des volontaires pour la défense de la patrie (VDP) faite par le Burkina Faso.

Niger : le général Tiani crée Domol Leydi contre le terrorisme

Les groupes d’autodéfense dénommés Domol Leydi (en Fulfudé) sont créés pour la défense de la patrie. Dans leur cahier des charges, ils sont assignés à des missions de sensibilisation, de renseignements et d’autodéfense de leurs localités. Selon les détails apportés par le Conseil des ministres, ces organisations seront composées d’un « personnel » issu d’anciens membres des forces de défense et de sécurité originaires des régions où ils sont appelés à servir. Les groupes sont également ouverts aux simples habitants désireux de contribuer à la lutte antiterroriste.

Les autorités militaires entendent passer un message clair avec cette mesure. Pour eux, tout le monde doit se sentir concerné par la lutte contre le terrorisme. La création des groupes d’autodéfense va donc permettre à ceux qui, n’étant pas militaires, ont quand même la volonté d’apporter leur savoir-faire pour appuyer les forces de défense et de sécurité dans leur mission régalienne. « Recruter des auxiliaires de la défense permet de mieux les associer dans les efforts de défense de la patrie », a confié un spécialiste à DW.

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Comme c’est le cas au Burkina Faso, le Niger fait recours à des groupes paramilitaires dans sa stratégie de lutte. Si la méthode peut permettre de soulager l’armée régulière qui, selon plusieurs experts, serait débordée, elle n’est pas sans risques. Certaines personnes craignent des débordements qui peuvent virer à des exactions. Au Burkina Faso, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) sont souvent accusés d’actes contraires à la déontologie militaire. Des rapports de plusieurs organisations non gouvernementales évoquent des bavures, des exactions contre les populations civiles.

Une main d’œuvre moins qualifiée, mais à moindre coût ?

Les auxiliaires engagés au sein des groupes d’autodéfense sont des agents à part entière qui ne sont pas forcément traités à la même enseigne que les membres des Forces de défense et de sécurité (FDS). Au Niger, les autorités ont indiqué que ceux-ci bénéficieraient des avantages sociaux et pécuniaires et seraient équipés de matériel militaire. Pour le moment, aucun détail n’est donné sur la portée de ses moyens.

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Au Burkina Faso, les conditions de vie et de travail des VDP ont été améliorées depuis janvier 2024. La prime d’opération est passée de 60 000 FCFA/mois à 80 000 FCFA/mois. En ce qui concerne les soins médicaux et l’alimentation, les primes sont restées inchangées et maintenues respectivement à 2 000 FCFA/mois et 1 500 FCFA/jour. Les frais d’inhumation des VDP tombés au front sont désormais fixés à 250 000 FCFA en versement unique, avec une assistance financière de 3 000 000 FCFA payée à ses ayants droit. La prime d’invalidité qui était de 30 000 FCFA/mois pendant une durée de cinq ans est portée à 3 000 000 FCFA en versement unique et générée par une société d’assurance.

Le Burkina Faso et le Niger dans le top 10 des pays les plus touchés par le terrorisme en Afrique

Selon le classement 2025 de l’Institute for Economics and Peace, le Burkina Faso et le Niger font partie des pays qui enregistrent le plus d’incidents, de morts et de blessés liés aux attaques terroristes. Au Niger, le nombre de décès liés au terrorisme a presque doublé, passant de 479 en 2023 à 930 en 2024. Ces attaques ont fait près de 500 morts dans le rang des forces armées en 2024. Au Burkina Faso, le nombre d’attaques a baissé de 17 % de 2023 à 2024 ; toutefois, le nombre de décès a grimpé de 68 %.