Un militant RHDP à la tête de la CNDH, le PPA-CI dit non et saisit l’international

Avr 20, 2026 - 12:40
Un militant RHDP à la tête de la CNDH, le PPA-CI dit non et saisit l’international
Un militant RHDP à la tête de la CNDH, le PPA-CI dit non et saisit l’international

Christian Adjelou, nouvellement nommé à la tête de la CNDH, n’est peut-être pas complètement installé. Le PPA-CI, principal parti de l’opposition ivoirienne, conteste sa nomination et s’active pour saisir l’international afin d’obtenir sa destitution.

Christian Adjelou sur un siège éjectable à la CNDH ?

Habituellement, pour diriger la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), les personnalités de la société civile sont privilégiées. Ce choix s’appuie sur la nécessité d’impartialité du dirigeant de cette institution. Or Christian Adjelou, selon ses propres déclarations, est un militant proche du camp de l’actuel Président de la République de Côte d’Ivoire, M. Alassane Ouattara. Dès lors, son impartialité vis-à-vis de cet homme qu’il dit soutenir n’est pas garantite.

Lire aussi : Côte d’Ivoire – CNDH : Christian Arnaud Adjelou installé malgré la polémique

Sa désignation a provoqué une vive controverse en Côte d’Ivoire. L’opposition, par la voix du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), refuse une accointance entre l’institution chargée de défendre les droits de l’homme et le pouvoir ivoirien. Avant le week-end, la tension est montée au siège du PPA-CI, où Justin Koné Katinan a annoncé une saisine du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme ainsi que d’autres instances internationales.

Le parti du Président Laurent Gbagbo refuse que soit à la tête de cette institution un homme aux mains liées par son engagement avec le parti au pouvoir, qui serre la vis aux formations politiques. Plusieurs leaders d’opinion du PPA-CI : Damana Pikass, Blaise Lasm, Koné Boubacar, Lida Kouassi Moïse et plusieurs autres de leurs camarades croupissent en prison suite à des accusations de vouloir semer des troubles dans le pays.

Le PPA-CI ne compte pas s’accommoder du militantisme d’Adjelou au RHDP

Christian Adjelou n’est, selon le PPA-CI et tous ses détracteurs, pas la personne idoine pour défendre la liberté de ces personnalités “injustement” maintenues en détention. Pour preuve, depuis sa nomination, il ne se serait pas inquiété de leur situation alors qu’ils sont des politiciens de premier plan au sein de l’opposition ivoirienne.

Lire aussi : Côte d’Ivoire : la désignation d’Adjelou Christian au CNDHCI suscite polémique

« Les preuves du militantisme avéré » du juriste Christian Adjelou sont nombreuses, selon l’ancien ministre de Laurent Gbagbo. « Les droits de l’homme constituant une matière très délicate, s’opposant souvent à l’État aux citoyens. Celui qui dirige le CNDH doit être équidistant de toutes les sensibilités politiques… », a fait savoir Justin Koné Katinan avant d’ajouter que le maintien de Christian Adjelou à ce poste « ne saurait rassurer les autres acteurs de la vie publique, notamment les partis d’opposition ».

Pour le PPA-CI, cette nomination aux forceps est une énième « dérive » grave dans la gouvernance du régime RHDP, auteur d’une série d’atteintes aux libertés publiques et à l’État de droit depuis 2011. Il dénonce le « contrôle de l’espace politique » par le régime ivoirien. Pour lui, « la nomination d’un militant déclaré du RHDP pour superviser le respect des droits de l’homme est indécente. »

Ce même jeudi 17 avril 2026, lors de la 43e tribune du PPA-CI qu’il animait, Justin Koné Katinan a déclaré que son parti a l’intention de saisir le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et d’autres organisations internationales pour contester cette élection de Christian Adjelou à la tête du Conseil national des droits de l’homme (CNDH).

Christian Adjelou veut être jugé sur ses actes

Pour sa défense, Christian Adjelou avait expliqué que « l’impartialité du Président et des autres membres du CNDH ne saurait être appréciée sur la base d’appartenances politiques réelles ou supposées, mais évaluée à l’épreuve de l’exercice de leurs fonctions de Conseillers aux droits de l’Homme, à travers leurs actes, leurs décisions et leur attachement constant aux principes universels des droits de l’Homme ».

Lire aussi : Côte d’Ivoire : Le CNDH appelle à la fin des opérations de déguerpissement

Malgré cette sortie, Christian Adjelou ne nie pas son appartenance au Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). Il promet tout juste de rester loyal aux principes et idéaux de l’institution qu’il dirige, bien malgré son cœur penchant pour le RHDP qu’il n’a cessé de défendre sur les plateaux télé.