102 migrants ivoiriens rapatriés du Niger, Abidjan met en garde
Nouvelle vague de rapatriement de migrants ivoiriens du Niger. Ils sont au nombre de 102 à retourner à Abidjan après l’échec de leur projet de migration. L’opération a été menée par les services compétents ivoiriens en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). C’est la cinquième cohorte de migrants rapatriés pour le compte de l’année 2026. Le 9 mars dernier, 150 personnes (134 hommes, 13 femmes et trois enfants) avaient été rapatriées dans le même contexte.
Une nouvelle vague de migrants ivoiriens rapatriés du Niger
En réponse à leurs cris d’alerte, la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE) a actionné son dispositif pour le retour au pays de 102 migrants ivoiriens. Il s’agit d’un rapatriement volontaire qui rallonge la liste des aventuriers rapatriés ces derniers mois. Fidèle à ses engagements, l’Organisation internationale pour les migrations s’est associée à l’opération.
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Le premier responsable de la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE) a profité de cette occasion pour lancer un message de sensibilisation à l’endroit des migrants et de tous les Ivoiriens en général. « Il est préférable de demeurer dans son pays, d’y travailler avec honnêteté et d’y développer ses propres opportunités. L’aventure migratoire est périlleuse en particulier pour les jeunes et les femmes qui peuvent se retrouver livrés à eux-mêmes et exposés à de graves dangers. » Le message est clair. Dr Gaoussou Karamoko invite les Ivoiriens à rester chez eux pour contribuer à la « construction d’un avenir meilleur ».
Le défi de la réinsertion des migrants ivoiriens après le rapatriement
Après chaque rapatriement, l’État ivoirien met en place un dispositif d’accueil et de réinsertion. Les migrants sont pris en charge pendant un moment avant de rejoindre leurs familles. Cette étape n’est pas toujours reluisante pour tous les concernés. Certains sont stigmatisés et rejetés dans leurs communautés pour avoir « échoué ». « La migration est vue comme un investissement de la part de la famille, de la communauté [beaucoup de familles pauvres contribuent à payer les passeurs pour le voyage, ndlr]. Donc leur retour au pays, sans résultats, notamment financiers, peut être mal perçu », Denise Origlia, cheffe de projet à AVSI en Côte d’Ivoire, à Infomigrants.
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Stéphane Guéla, chargé du programme réintégration de l’agence onusienne à Abidjan décrit un état « psychique très compliqué » chez les migrants ivoiriens qui rentrent au pays. Cela est dû aux situations difficiles vécues sur le parcours de la migration. « C’est pour ça que dès leur retour en Côte d’Ivoire, nous faisons intervenir le ‘programme de santé mentale’ pour les prendre en charge, au moins sur le court-terme », a-t-il indiqué.