Biographie de Guillaume Soro : controverses, parcours politique et crise ivoirienne

Mar 16, 2026 - 17:50
Biographie de Guillaume Soro : controverses, parcours politique et crise ivoirienne
Guillaume Soro ancien Premier ministre et président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire

La biographie de Guillaume Soro montre à quel point il occupait une place singulière dans l’histoire politique récente de la Côte d’Ivoire. L’ancien chef rebelle devenu Premier ministre puis président de l’Assemblée nationale s’est imposé dans l’espace médiatique à partir de son rôle dans les luttes estudiantines. Longtemps proche d’Alassane Ouattara, l’ancien secrétaire général de la FESCI vit aujourd’hui en exil après sa rupture avec le pouvoir d’Abidjan. Retour sur l’itinéraire politique d’un acteur central des mutations politiques ivoiriennes.

Biographie de Guillaume Soro : Des débuts militants dans le mouvement étudiant

Avant d’entrer dans l’arène politique nationale, Guillaume Soro Kigbafori s’est d’abord imposé dans le milieu syndical étudiant. Le natif de Kofiplé, dans le nord de la Côte d’Ivoire, en 1972, se fait connaître dans les années 1990 comme leader de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), un puissant syndicat étudiant très influent à l’époque.

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À cette période, la FESCI joue un rôle important dans la mobilisation politique de la jeunesse. C’est le principal convoyeur de manifestants pour les forces politiques d’opposition. Guillaume Soro devient rapidement l’un des visages les plus visibles de ce mouvement, en confrontations régulières avec les autorités universitaires et le pouvoir politique de Côte d’Ivoire.

Cette expérience est pour lui une première école du pouvoir et du rapport de force politique. Plusieurs figures politiques ivoiriennes actuelles sont d’ailleurs issues de cette génération militante formée dans les amphithéâtres et les luttes étudiantes. Le chef de l’opposition d’alors, Laurent Gbagbo, était présenté comme leur grand parrain.

Chef de la rébellion lors de la crise ivoirienne

Le nom de Guillaume Soro prend une dimension internationale en 2002, lors du déclenchement de la rébellion armée en Côte d’Ivoire. Après la tentative de coup d’État manquée contre le président Laurent Gbagbo, son ancien mentor, le pays se retrouve divisé entre le sud contrôlé par le gouvernement et le nord tenu par les rebelles.

Guillaume Soro devient alors le secrétaire général des Forces nouvelles, la coalition rebelle qui contrôle une grande partie du territoire ivoirien. Pendant plusieurs années, il s’impose comme l’un des interlocuteurs principaux dans les négociations internationales visant à mettre fin à la crise.

Les accords de paix successifs, notamment ceux de Ouagadougou en 2007, marquent un tournant. Dans le cadre de ces négociations, Guillaume Soro est nommé Premier ministre par Laurent Gbagbo, une nomination qui symbolise la tentative de réconciliation nationale après plusieurs années de conflit.

Une ascension politique au sommet de l’État

Après la crise post-électorale de 2010-2011 et l’arrivée au pouvoir dans des conditions controversées d’Alassane Ouattara, de qui il s’était fortement rapproché, Guillaume Soro conserve un rôle central dans le nouvel équilibre politique ivoirien. Il est reconduit au poste de Premier ministre par le successeur de Laurent Gbagbo avant d’être élu président de l’Assemblée nationale en 2012.

Durant cette période, il apparaît comme l’un des piliers du pouvoir en place et dauphin tout désigné de Ouattara. Son influence politique reste importante, notamment dans le nord du pays où il bénéficie d’une forte base de soutien.

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Mais les relations entre Guillaume Soro et le président Alassane Ouattara se dégradent progressivement. En 2019, alors qu’il envisage une candidature à l’élection présidentielle de 2020, les tensions deviennent publiques. Pour Guillaume Soro, un accord avec Ouattara devait faciliter son arrivée au pouvoir.

Alassane Ouattara, de son côté, estime qu’aucun de ses successeurs n’est prêt à exercer le pouvoir et manœuvre pour faire un troisième mandat. La constitution ivoirienne qu’il a changée change le successeur en cas d’empêchement du président élu. C’est le vice-président qui devient le dauphin, ce qui est mal accepté par Soro qui se sent poussé vers la sortie.

Rupture avec le pouvoir et exil politique

La rupture entre Guillaume Soro et le pouvoir ivoirien se concrétise à la fin de l’année 2019. Alassane Ouattara, selon Soro, lui demande d’adhérer à son nouveau parti politique, le RHDP. L’ancien chef rebelle refuse et là les rapports se tendent.

Alors qu’il tente de rentrer en Côte d’Ivoire au retour d’un voyage en Europe, un mandat d’arrêt est émis contre lui pour des accusations liées notamment à une supposée tentative de déstabilisation des institutions.

Depuis lors, l’ancien président de l’Assemblée nationale vit en exil. Il continue néanmoins d’intervenir sporadiquement dans le débat politique ivoirien à travers ses déclarations et ses activités politiques sur les réseaux sociaux depuis l’étranger.

Son mouvement politique, Générations et Peuples Solidaires (GPS), reste actif et continue de revendiquer un rôle dans l’avenir politique du pays. Cette formation a entre-temps perdu son récépissé de parti politique et n’est plus reconnue comme telle par les autorités ivoiriennes.

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Dans un paysage politique ivoirien en constante recomposition, le parcours de Guillaume Soro montre les transformations profondes par lesquelles est passée la Côte d’Ivoire depuis la crise des années 2000.

Guillaume Soro, abandonné par ses anciens alliés, s’est fortement rapproché de Laurent Gbagbo contre qui il avait engagé une rébellion armée. C’est ce même Gbagbo qui plaide aujourd’hui pour son retour en Côte d’Ivoire.

Avec le RHDP qui l’avait poussé à démissionner de son poste de président de l’Assemblée nationale acquis grâce à leur coalition de l’époque, le point de non-retour est atteint.

Guillaume Soro, selon les informations d’Afrique Sur 7, réside présentement au Niger où il est protégé par les autorités locales, elles-mêmes en belligérance avec le pouvoir du président Alassane Ouattara.

On espère que cette biographie de Guillaume Soro vous a éclairé sur son parcours politique et à la tête de la rébellion armée en Côte d’Ivoire. Il a dirigé les Forces nouvelles, nom de cette rébellion, de 2002 à 2011, à la chute du régime de Laurent Gbagbo.

Controverses :

  • Guillaume Soro est l’auteur de la rébellion armée qui a fait plusieurs milliers de morts en Côte d’Ivoire. Pour justifier sa guerre contre le régime de Laurent Gbagbo, il l’accuse d’être xénophobe. Selon ses affirmations, il était impossible, sous le pouvoir de Laurent Gbagbo, pour un musulman de se promener en Côte d’Ivoire vêtu en boubou.
  • Guillaume Soro, ancien patron de la rébellion armée, est accusé d’avoir tué, par asphyxie, de nombreux gendarmes ivoiriens. Ces derniers auraient été enfermés dans un conteneur exposé au soleil.
  • L’ex-Premier ministre de Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara est aussi accusé d’avoir assassiné certains chefs de guerre de son camp. Chef Diarassouba dit Zagazaga, Chef Kass, Colonel Cissoko, Chef Adams, Chef St Koffi, Chef Bamba Oumar, Chef Koné Moussa Barbu, Chef Kolo ou encore le plus illustre Coulibaly Ibrahim dit IB. Le dernier serait le véritable initiateur de la rébellion armée. Son assassinat a eu lieu en toute fin de crise.
  • Avec son commando invisible qui avait infecté le quartier d’Abobo, il refusait de déposer les armes malgré la chute du régime de Laurent Gbagbo, contre qui ils s’étaient tous coalisés. Les forces de Guillaume Soro se sont donc lancées aux trousses d’IB et de ses hommes. Selon certains récits, il aurait été désarmé, ses combattants et lui, avant d’être tué.
  • Guillaume Soro est également accusé d’avoir tenté de renverser le régime du président Alassane Ouattara. Il aurait été démasqué grâce à un système d’espionnage israélien obtenu par les actuels dirigeants de la Côte d’Ivoire grâce au milliardaire pédocriminel Jeffrey Epstein. Cette technologie aurait permis au régime Ouattara d’écouter de nombreuses personnalités ivoiriennes, dont leur allié et ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. Les contenus des échanges seraient à la base de leur rupture.
  • Avant la consommation de la rupture entre Guillaume Soro et Alassane Ouattara, des soldats contrôlés en partie par l’ancien chef rebelle s’étaient soulevés pour exiger des primes. Des enquêtes auraient démontré la main obscure de Guillaume Soro et de ses proches derrière cette manœuvre…
  • Guillaume Soro a été condamné en Côte d’Ivoire à la prison à perpétuité pour tentative de coup d’État contre le régime Ouattara.