Côte d’Ivoire : 4 Togolais au PPEF pour orpaillage illégal

Mai 30, 2026 - 08:40
Côte d’Ivoire : 4 Togolais au PPEF pour orpaillage illégal
Côte d'Ivoire : 4 Togolais au PPEF pour orpaillage illégal

En Côte d’Ivoire, le phénomène de l’orpaillage clandestin continue d’alimenter les prétoires du Pôle pénal économique et financier (PPEF). Ce jeudi 28 mai 2026, quatre jeunes ressortissants togolais ont comparu devant cette juridiction pour répondre de plusieurs infractions liées à l’exploitation illégale des ressources minières en Côte d’Ivoire.

Côte d’Ivoire – orpaillage illégal à Affiénou : les prévenus plaident coupable

Il s’agit de D. Y., B. J., Y. P. et D. B. Placés sous mandat de dépôt depuis le 25 novembre 2025, ils sont poursuivis pour exploitation de substances minérales sans titre minier, ainsi que pour prospection, recherche, exploitation et commercialisation illégales de pierres et métaux précieux.

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Les quatre prévenus avaient été interpellés sur un site d’orpaillage clandestin situé dans la localité d’Affiénou, dans la région du Sud-Comoé. À la barre, ils ont reconnu l’ensemble des faits qui leur sont reprochés, tout en expliquant avoir agi sans connaître le caractère illégal de leurs activités.

D. Y. et B. J. ont indiqué être venus du Togo dans l’espoir de trouver un emploi en Côte d’Ivoire. Selon leurs déclarations, un proche les aurait orientés vers le site d’exploitation sans jamais leur préciser que cette activité était exercée en dehors du cadre légal.

Même argumentaire du côté de Y. P. et D. B. Les deux jeunes hommes, qui se présentent comme des élèves, ont affirmé avoir accepté de travailler sur le site afin de réunir les moyens nécessaires au financement de leurs études. Eux aussi soutiennent avoir ignoré le caractère illicite de cette exploitation.

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Ces explications n’ont toutefois pas convaincu le ministère public. Considérant la gravité des faits et les conséquences de l’orpaillage clandestin sur l’environnement et l’économie nationale, le parquet a requis une peine de 24 mois d’emprisonnement ferme contre chacun des prévenus. Face à ces réquisitions, les quatre jeunes Togolais ont sollicité la clémence du tribunal, exprimant leurs regrets et demandant une seconde chance.

Un fléau qui continue de ravager Affiénou

Au-delà du sort judiciaire réservé aux prévenus, cette affaire remet en lumière l’ampleur du phénomène de l’orpaillage clandestin dans la localité d’Affiénou. Malgré les opérations de répression et les arrestations répétées, l’activité semble se poursuivre à un rythme inquiétant. Depuis le début de l’année 2026, plusieurs alertes ont été lancées par les populations et les organisations locales face aux dégâts environnementaux causés par l’exploitation illégale de l’or.

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Les cours d’eau menant vers Affiénou figurent parmi les principales victimes de cette activité. Jadis limpides et sources de subsistance pour les communautés riveraines, ils sont aujourd’hui fortement dégradés par les rejets de boues, de déchets et de produits chimiques issus de l’exploitation aurifère.

Cette pollution affecte directement les ressources halieutiques, fragilisant les revenus des pêcheurs et accentuant les risques sanitaires pour les populations qui dépendent de ces eaux pour leurs besoins quotidiens. Face à cette situation, les habitants ne cessent d’interpeller les autorités afin que des mesures plus vigoureuses soient prises pour mettre fin à l’orpaillage clandestin, protéger la lagune Aby et préserver l’environnement pour les générations futures.

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L’affaire examinée devant le PPEF illustre ainsi une réalité préoccupante : si des acteurs de l’exploitation illégale sont régulièrement arrêtés et poursuivis, le phénomène, lui, continue manifestement de prospérer dans certaines zones du Sud-Comoé, au grand dam des populations locales et de l’environnement.