Dans la préfecture de Hokkaido, ces parcs nationaux japonais invitent à la sérénité
Les sept parcs nationaux d'Hokkaidō contrastent avec la Golden Route, très fréquentée par les touristes. Trois de ces parcs, les parcs nationaux de Daisetsuzan, de Shikotsu-Tōya et de Rishiri-Rebun-Sarobetsu, sont façonnés par des forces volcaniques, regorgent d'animaux sauvages, et sont imprégnés des traditions spirituelles du peuple autochtone des Aïnous. C'est également le lieu idéal pour un bain relaxant dans une source d'eau chaude pour atténuer la rudesse de l'hiver. Voici comment explorer une partie du Japon méconnue et moins visitée en hiver.
PARC NATIONAL DE DAISETSUZAN
Le plus grand parc national d'Hokkaidō s'étend sur plus de 225 000 hectares de paysages volcaniques, avec des sommets enneigés fumants et de vieilles forêts d'épicéas du Japon (Picea jezoensis) et de sapins qui abritent l'une des faunes japonaises les plus rares. On y trouve notamment des ours bruns d'Ezo (Ursus arctos lasiotus), des hermines (Mustela erminea), des pikas (Ochotona) et de rares papillons alpins tels que l'Apollon d'Eversmann (Parnassius eversmanni) aux ailes jaunes translucides.
Le Mont Asahidake, le plus haut sommet de l'île, domine la chaîne de montagnes de Daisetsuzan. Les Aïnous le surnomment le « terrain de jeu des dieux. »
« Pour les Aïnous, cette région montagneuse a offert beaucoup de bénédictions » affirme Kazuhiro Arai, cofondateur de Adventure Hokkaido. « Au sommet du mont Asahidake se trouvent de nombreux animaux, notamment des ours bruns considérés comme l'incarnation des divinités. » C'est un lieu spécial où des prières étaient faites pour demander une bonne chasse, dans l'espoir que les divinités continueraient de subvenir aux besoins du peuple.
Pour explorer le parc, les visiteurs peuvent monter dans le téléphérique d'Asahidake, qui représente le seul moyen d'accéder aux sentiers en haute altitude. Il permet de monter 1,4 kilomètre jusqu'à la station Sugatami en seulement dix minutes. À partir de là, les sentiers serpentent sur la zone volcanique active de Jigokudani où des panaches de vapeur sortent toute l'année de la vingtaine de cheminées qui bordent les chemins escarpés.
« En seulement un jour, vous pouvez découvrir quatre environnements totalement différents dans une région compacte : la zone alpine, les marécages, une grotte et sa cascade de plus de 250 mètres de haut, ainsi que les forêts profondes au pied du mont » explique Kazuhiro Arai.
L'hiver transforme le parc national de Daisetsuzan en paradis de la poudreuse entre décembre et février. La saison dure longtemps, les skieurs et snowboardeurs peuvent profiter d'étendues de poudreuse secrètes ou d'endroits reculés jusqu'en juin.
« Entre le mois de mars et le mois de mai, les non-skieurs peuvent explorer les paysages hivernaux en randonnée guidée à raquettes à travers le plateau de Sugatami, notamment une randonnée spectaculaire d'une heure sur la boucle du lac de Sugatami et jusqu'aux fumerolles » indique Kazuhiro Arai. « Le ciel plus bleu, les températures plus douces et la neige épaisse créent les conditions parfaites pour des marches pittoresques et des descentes en luge dans un paysage alpin blanc et calme. »
Les voyageurs peuvent envisager d'organiser une randonnée de six jours ou opter pour une excursion d'une journée pour découvrir le parc national de Daisetsuzan avec Adventure Hokkaido.
Où séjourner ?
Hotel Bearmonte, à Higashikawa : situé à seulement quinze minutes du téléphérique d'Asahidake, cet hôtel propose cinquante-six chambres avec lave-linge et sèche-linge, et certaines chambres disposent d'une kitchenette pour les séjours prolongés. Les commodités proposées sur place incluent également un onsen avec bain froid et sauna pour soulager les muscles endoloris.
Rourenai Base, à Biei : les hôtes auront le choix entre des chambres dans le style occidental avec lits ou des chambres dans le style japonais avec tatami et futons. Un sauna et un bain chauffé au bois vous permettront de bien récupérer après vos randonnées. Située près des célèbres champs de fleurs de Biei, cet maison d'hôtes est le lieu idéal entre le parc national de Daisetsuzan, la station de ski de Furano et la ville d'Asahikawa.
Comment s'y rendre ?
Quatre bus relient chaque jour la gare d’Asahikawa et l’aéroport au mont Asahidake. Des agences de voyage proposent également des navettes depuis les aéroports d'Asahikawa et de Shin-Chitose.
PARC NATIONAL DE SHIKOTSU-TŌYA
Plus de 2,4 millions de personnes visitent chaque année le parc national de Shikotsu-Tōya où elles peuvent découvrir des lacs caldeiras, notamment les lacs Tōya et Shikotsu, des volcans actifs tels que le mont Usu, et des sources chaudes naturelles à Noboribetsu et à Jōzankei.
« Ce parc national est facile d'accès depuis Sapporo et l'état des routes est idéal pour faire du vélo » affirme Yuya Ishizuka, guide cycliste pour Cycling Frontier.
Le géoparc UNESCO Tōya-Usu, une zone délimitée à l'intérieur du parc, offre aux visiteurs un moyen accessible de découvrir l'histoire des volcans japonais, des grottes et des formations semblables tout autour du mont Usu, un volcan actif qui est entré en éruption en 2000.
« Ici, vous pouvez ressentir le pouvoir des volcans et de l'histoire du Japon, y compris des cultures aïnoue et jōmon » indique Mihoko Sasaki, guide des volcans pour HIO'OY. Mihoko Sasaki fait partie des quelques guides agréés autorisés à effectuer des visites guidées sur les sites archéologiques de la période Jōmon qui sont autrement fermés au public.
Shingo Arakawa, garde-forestier dans le parc national de Shikotsu-Tōya, recommande aux observateurs d'oiseaux la Osaru River Route dans le géoparc afin de voir des pygargues à queue blanche (Haliaeetus albicilla), des rapaces impressionnants classés comme monument naturel au Japon.
Pour une pause relaxante, les visiteurs peuvent profiter de plusieurs sources chaudes dispersées dans tout le parc national de Shikotsu-Tōya. Des onsen riches en sodium sont disponibles dans les hôtels et, fait inhabituel au Japon, dans des établissements indépendants ouverts la journée qui permettent aux voyageurs de s'essayer aux bains chauds traditionnels sans passer une nuit sur place. Des bains de pieds gratuits sont aussi accessibles le long du sentier pour de petites trempettes. Jozankei, la plus grande ville thermale d'Hokkaidō, se situe à l'intérieur du parc national à moins d'une heure de Sapporo, une excursion faisable en une journée.
Kyujitsu propose des accès d'une journée pour profiter d'un cinéma et d'un salon DJ, et une option avec bière et vin à volonté. Au Jozankei Tsuruga Resort Spa, les visiteurs peuvent se laisser tenter par un massage shiatsu traditionnel avant de se baigner dans les bains intérieurs et extérieurs.
Au lac Shikotsu, connu pour avoir l'une des eaux les plus claires du Japon, les visiteurs du parc peuvent pratiquer toute l'année le stand up paddle, le canoë, le kayak, la plongée avec tuba et la plongée sous-marine.
« Grâce à sa profondeur et à sa chaleur géothermique, il ne gèle jamais » explique Junya Narumi, guide pour Canoa, une entreprise lacustre qui propose des excursions et des locations.
Où séjourner ?
Toyoura Ocean House, à Toyoura-chō : pour un séjour privé et tranquille en bord de mer, les visiteurs peuvent louer cette maison entière à quelques pas de la baie d'Uchiura. La maison se situe à l'intérieur du parc national de Shikotsu-Tōya et à environ quinze à vingt minutes en voiture du lac Tōya.
Shikotsu Tsuruga Resort Spa Mizu No Uta, lac Shikotsu : les hôtes ont le choix entre des chambres traditionnelles avec tatami en paille de riz et futons sur le sol et des chambres dans un style occidental avec lits et jacuzzi privé dans lequel s'écoule directement de l'eau thermale. Ce complexe haut de gamme est situé à l'intérieur du parc, au bord du lac Shikotsu.
Sappolodge, à Sapporo : gérée par le guide de montagne Wataru Nara, cette maison d'hôte se trouve à une heure du parc et sert de rassemblement pour les voyageurs aventuriers. Les options abordables qui y sont proposées vont de la chambre privée au dortoir, avec des commodités telles qu'un bar restaurant au rez-de-chaussée où les hôtes échangent leurs récits de randonnées et organisent leurs expéditions.
Comment s'y rendre ?
Des bus et des trains publics relient Sapporo et l'aéroport Shin-Chitose aux principaux centres du parc. Depuis l'aéroport, Jozankei et Noboribetsu, deux villes thermales connues, sont accessibles en soixante à quatre-vingt-dix minutes en bus ou en train. L'aéroport est situé à environ quarante minutes en voiture du lac Shikotsu et à une heure et demie du onsen de Toyako.
PARC NATIONAL DE RISHIRI-REBUN-SAROBETSU
S'étendant sur plus de 240 kilomètres carrés répartis sur deux îles et une plaine côtière, ce parc abrite des plantes alpines qui poussent exceptionnellement près du niveau de la mer. Rebun est renommé pour sa concentration inhabituelle de végétation qui lui vaut le surnom d'« île flottante aux fleurs. » Plus de 300 espèces de fleurs sauvages fleurissent entre le mois de mai et le mois d'août, y compris des espèces endémiques telles que le sabot de Vénus (Cypripedium calceolus), tandis que le mont Rishiri domine le paysage et que la plaine côtière de Sarobetsu, avec son sol humide fait d'argile, s'étend à l'horizon.
« Ces fleurs ne peuvent être observées que sur cette île. L'itinéraire de randonnée le plus populaire est celui de l'observatoire de Momoiwa. À partir de là, vous pouvez également apercevoir le mont Rishiri qui semble flotter sur la mer » indique Yuko Fujimori, traductrice et guide basée à Hokkaidō.
À Rishiri, Hitoshi Nakamura, garde-forestier, recommande aux visiteurs de découvrir le parc à vélo. « Le parcours de près de 60 kilomètres qui fait le tour de l'île offre un panorama du mont Rishiri qui change d'apparence selon l'angle. Entre juillet et septembre, vous pourrez même voir des habitants de l'île qui font sécher du varech » explique-t-il. « Le mois de juillet est la saison idéale pour les activités de plein air, avec une végétation en pleine floraison. Il y a moins de fleurs en septembre mais la météo est stable. »
Pour des balades en solitaire, les visiteurs peuvent louer des vélos à Rishiri Activity ou faire une excursion guidée avec Cycling Frontier qui propose un parcours de cinq jours combinant le cap Sōya, la plaine de Sarobetsu et l'Île Rishiri.
Où séjourner ?
Rebun Hotel Saryo, sur l'Île Rebun : les hôtes ont le choix entre des chambres dans le style occidental et d'autres dans le style japonais, avec vue directe sur le mont Rishiri de l'autre côté de la mer du Japon. Situé à l'intérieur du parc national et à une distance raisonnable de marche du port de ferries, cet hôtel saisonnier, qui propose 100 chambres entre mai et octobre, n'est pas seulement le plus grand hébergement de Rebun, il bénéficie également d'un positionnement central pour visiter le reste de l'île.
Island Inn Rishiri, à Kutsugata, sur l'île Rishiri : situées à l'intérieur du parc sur la côte ouest de l'île, ces chambres d'hôtes au style occidental ont vue sur le mont Rishiri ou sur la mer du Japon, offrant une vue magnifique sur le coucher du soleil. Les hôtes ont accès à des locations de vélo et à un service de navettes gratuit.
Comment s'y rendre ?
Atterrissez à l'aéroport de Wakkanai, la ville la plus au nord d'Hokkaidō, situé à seulement 42 kilomètres de l'île russe Sakhaline. Prenez ensuite un ferry en direction de Rishiri ou de Rebun. Le bus ou le vélo conviennent pour visiter Rishiri tandis qu’il est préférable de visiter Rebun avec une voiture de location ou Soya Bus tours (excursions en japonais).