Présence russe en Afrique : le forum de Moscou sur la sécurité face aux défis – Opinion
Du 26 au 29 mai 2026, Moscou a accueilli son premier Forum international sur la sécurité, réunissant plus de 120 pays. L’événement se voulait une vitrine de la puissance russe et un outil de séduction auprès des nations africaines. Pourtant, le programme officiel révèle un décalage entre l’ambition affichée et la réalité opérationnelle sur le continent.
Présence russe en Afrique : le regard dans les angles morts
Le discours du forum dit ceci : Tables rondes sur la « lutte contre le néocolonialisme comme priorité pour la sécurité des pays de la majorité globale », sessions consacrées à la « désinformation et manipulation comme instruments de guerre hybride occidentale », ou encore dénonciation des « ONG comme outil de déstabilisation de la sécurité nationale ». Comme on le voit, la rhétorique anti-occidentale domine. Un briefing spécifique sur le « Forum de partenariat Russie-Afrique » devait convaincre les délégations africaines que Moscou est un allié fiable, respectueux de leur souveraineté.
Cette mise en scène masque mal les revers accumulés sur le terrain. Au Mali, l’Africa Corps, héritier de Wagner, a dû négocier son retrait de Kidal fin avril 2026 sans combattre, livrant la ville à une offensive conjointe du GSIM et du Front de libération de l’Azawad. Incapable d’endiguer la progression djihadiste, la force russe apparaît comme un rempart factice. Le Burkina Faso connaît une situation similaire : depuis l’arrivée de l’Africa Corps en janvier 2024, les violences se sont intensifiées, avec des attaques du JNIM ayant fait jusqu’à 130 morts en octobre 2025. La junte, déçue, cherche désormais des équipements militaires à Dubaï.
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En Centrafrique, le président Touadéra résiste aux pressions du Kremlin pour signer un accord avec l’Africa Corps. Moscou exige 15 millions de dollars par mois – près de 40 % du budget national – pour des services dont l’efficacité n’est plus à démontrer. En Libye, le maréchal Haftar se plaint ouvertement de l’incapacité de l’Africa Corps à honorer ses engagements, allant jusqu’à se tourner vers la Biélorussie et la Turquie.
Le forum de Moscou, une vaste opération de communication
Le forum de Moscou apparaît comme une immense opération de communication destinée à masquer des faiblesses structurelles. Derrière les dénonciations du « néocolonialisme » et les appels à un « monde multipolaire », la Russie ne parvient pas à fournir des résultats concrets, puisque les promesses sécuritaires se heurtent à des effectifs insuffisants, à une logistique défaillante et à un passif d’exactions.
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Faute de capacité à stabiliser rapidement et durablement le Sahel, la Russie risque de n’être perçue, à terme, que comme un acteur symbolique, dont l’influence réelle sur la sécurité du continent reste largement marginale. Bien entendu l’Occident que combat la Russie n’est pas parvenu à éradiquer le terrorisme englué qu’il était dans dés considération souvent humanistes et des exigences de démocratie et de droits de l’homme, face aux régimes militaires ( Mali, Niger, Burkina Faso ) ou civils (Centrafrique) en place.
À l’heure du bilan avec les historiens , l’on verra qui avait la meilleure option. Rendez-vous au prochain forum.
Wakili Alafé