Arrestation de Kemi Seba : « La demande d’extradition du Bénin n’a pas encore été soumise »
Au Bénin, le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a réagi à l’arrestation de Kemi Seba en Afrique du Sud. Dans une déclaration de presse lue ce lundi 20 avril 2026, Mario Mètonou a indiqué ce que le Bénin envisage de faire afin que l’activiste soit extradé vers Cotonou pour répondre des faits « d’apologie de crime ainsi que d’incitation à la haine et à la violence », et de « blanchiment de capitaux ».
Kemi Seba arrêté en Afrique du Sud : première réaction officielle du Bénin
« À ce stade, la demande d’extradition du Bénin n’a pas encore été soumise », a déclaré le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Le magistrat a précisé qu’en exécution des deux mandats d’arrêt émis respectivement le 13 juin 2025 et le 12 décembre 2025, il a « officiellement saisi les autorités judiciaires de la République d’Afrique du Sud, par les canaux légaux, d’une demande d’arrestation provisoire du nommé Capo Chichi Stellio Gilles Robert ».
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L’objectif de cette demande est d’obtenir le placement en détention provisoire de Kemi Seba en attendant l’introduction de la demande d’extradition en cours de préparation. Le procureur spécial de la Criet explique que la demande d’extradition « s’inscrit dans le cadre des conventions multilatérales auxquelles la République du Bénin et la République d’Afrique du Sud sont parties ».
Des informations qui contredisent celles de l’avocat de Kemi Seba
Alors que Me Juan Branco, avocat de Kemi Seba, clame l’échec d’une prétendue demande d’extradition émise par le Bénin, les informations communiquées par le procureur disent le contraire. Comme indiqué plus haut, le magistrat assure qu’aucune demande d’extradition du Bénin n’est introduite à ce stade du dossier.
« La demande d’extradition de Kemi Seba transmise par l’État du Bénin ne respectait pas les conditions exigibles, n’a pas été considérée comme recevable, et a été rejetée par la Magistrate’s Court de Pretoria », a écrit Juan Branco sur sa page Facebook. Dans le même post, il affirme que l’État béninois pourrait introduire une nouvelle demande d’extradition. L’avocat a ajouté que le Bénin aurait renoncé à faire déplacer les ministres annoncés.
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Il convient de préciser que le ministre des Affaires étrangères du Niger avait déjà émis des doutes sur une demande d’extradition. Samedi, dans un entretien, il exprimait son étonnement sur le fait que l’audience de ce lundi serait consacrée à une demande d’extradition du Bénin.
« Séjour illégal »
Dans un communiqué publié ce lundi après l’audience, la police sud-africaine n’évoque aucun aspect lié à une demande d’extradition. Elle a simplement indiqué que l’audience est reportée au 29 avril 2026. Au cours de cette nouvelle audience, le juge va examiner la demande de liberté sous caution formulée par la défense de Kemi Seba et ses coaccusés. Le report donne également un peu plus de temps à la justice d’approfondir les investigations à propos du statut d’immigration de Kemi Seba et de son fils.