Côte d’Ivoire : des femmes enceintes « injustement » détenues (Amnesty)
En Côte d’Ivoire , plusieurs personnes ont été arrêtées et détenues dans le cadre des manifestations contre la présidentielle de 2025. Dans le lot, Amnesty International dénombre des personnes dont l’interpellation ne reposerait sur aucune preuve tangible. L’ONG évoque le cas de deux femmes enceintes dont l’une vendait du jus de fuit à proximité du lieu de manifestations.
Côte d’Ivoire : Amnesty International dénonce la détention « sans fondement » depuis les manifestations d’octobre 2025
Parmi les personnes placées en détention suite aux manifestations d’octobre 2025 figurent deux femmes enceintes selon Amnesty International. « Deux des femmes enceintes ont été condamnées quelques jours après leur arrestation en octobre 2025 pour « troubles à l’ordre public », « participation à une marche interdite » et « attroupement sur la voie publique » », a révèle un communiqué de l’ONG.
L’une des femmes enceintes détenues serait « actuellement à un terme avancé de sa grossesse ». Elle a été condamnée le 16 octobre à trois ans de prison, « alors qu’elle vendait du jus de fruits non loin d’une manifestation », a indiqué Amnesty International. « Sa famille s’est vu refuser son droit de visite », a-t-elle ajouté.
La seconde femme enceinte détenue est « mère de cinq enfants et actuellement enceinte de six mois ». Selon les informations rapportées par Amnesty, elle a été arrêtée le 11 octobre alors qu’elle était en possession d’un tee-shirt aux couleurs d’un parti d’opposition. Elle a écopé de la peine même peine que la première : trois ans de prison ferme.
Selon Me Sylvain Tapi, ses clientes ont été prises lors de rafles « alors qu’elles vaquaient à leurs occupations. Elles se trouvent dans un environnement qui n’est pas propice au bon déroulement d’une grossesse. Elles sont très affectées moralement et physiquement ». Ces cas ne sont pas isolés. Marceau Sivieude, directeur Afrique de l’ouest d’Amnesty a déclaré que « des personnes sont toujours détenues uniquement parce qu’elles se sont trouvées à proximité des manifestations ».
Le cas de deux hommes préoccupe Amnesty
Amnesty International a documenté le cas de deux hommes arrêtés près des manifestations en Côte d’Ivoire, condamnés à trois ans de prison sans « assistance juridique ». Les intéressés auraient été arrêtés alors qu’ils se rendaient simplement à leur travail. Leurs proches ont confié à Amnesty que l’un d’eux était en possession de la carte de membre d’un parti d’opposition.
L’organisation souligne que ces procès expéditifs bafouent les droits fondamentaux des accusés. Elle appelle à la libération des personnes détenues sans charges établies, tout en insistant sur l’importance de garantir des soins médicaux adaptés et de faciliter les visites familiales.
Amnesty International critique la décision des autorités ivoiriennes d’interdire toute manifestation en octobre 2025. L’ONG qualifie cette décision d’atteinte grave au droit de réunion pacifique. Amnesty exhorte le gouvernement ivoirien à respecter ses obligations internationales en matière de droits humains. Elle a fait allusion à la Charte africaine et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que les Règles Nelson Mandela sur le traitement des détenus.
En octobre 2025, le gouvernement avait rejeté les critiques d’Amnesty International qui dénonçait déjà des restrictions sur le droit de manifester. Les autorités avaient rappelé que « la participation à une manifestation interdite constitue un comportement prohibé par la loi pénale et puni, à ce titre, par les articles 197 et 200 du Code pénal ». « Contrairement aux affirmations de l’ONG, aucun acte réglementaire ne vise à restreindre durablement le droit de réunion ou de manifestation », avait indiqué le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme.
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