La Côte d’Ivoire peut-elle vraiment protéger ses lanceurs d’alerte ?
Pour la protection des lanceurs d’alerte, du 24 au 27 mars 2026, des rencontres engagées se poursuivront à la HABG. Alors que Jean-Christian Konan, emprisonné après dénonciation du remblaiement sauvage de la lagune Ébrié, est encore en prison, la Côte d’Ivoire laisse transparaître une volonté de protéger ses lanceurs d’alerte.
Protection des lanceurs d’alerte, la Côte d’Ivoire veut réduire le gap
Sous la présidence d’Épiphane Zoro Bi Ballo, président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), des rencontres se tiennent sur la volonté du gouvernement ivoirien de protéger ses lanceurs d’alerte. Démarrées le 24 mars, celles-ci se poursuivront jusqu’au vendredi 27 mars 2026 à la direction de la HABG.
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Ces rencontres se tiennent entre acteurs publics privés, dont le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, des administrations et des représentants de la société civile. Participent aussi à ces rencontres des partenaires techniques et des experts internationaux.
Le but de cette initiative serait de “doter” la Côte d’Ivoire “d’un cadre juridique spécifique” de “protection des lanceurs d’alerte”. Contrairement au Burkina Faso ou au Sénégal, où les lanceurs d’alerte sont protégés et récompensés après enquêtes et sanctions, la Côte d’Ivoire est soupçonnée de traquer ses lanceurs d’alerte.
Jean-Christian Konan, un des plus visibles lanceurs d’alerte du pays, est présentement en prison. Il a dénoncé sans relâche les entreprises lancées dans le remblaiement de la lagune Ébrié aux yeux et au nez de tous les services administratifs. Prétextant de plaintes dans d’autres dossiers, il a bonnement été placé sous le verrou de la justice, rendant difficile son aide à la manifestation de la vérité.
C’est dans ce climat, alors qu’il est toujours en détention, que se lancent ces rencontres d’une supposée volonté des autorités ivoiriennes de protéger les lanceurs d’alerte dans le pays.
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L’ex-juge Épiphane Zoro Bi Ballo, président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, reconnaît les insuffisances du dispositif mis en place puisqu’il a confié : « Notre pays dispose déjà d’outils importants, notamment une ordonnance, une stratégie nationale et une plateforme de dénonciation. Toutefois, la question de la protection des lanceurs d’alerte demeure un maillon essentiel à renforcer. »
Avec les conclusions de cet atelier, les autorités ivoiriennes pourraient combler ce vide juridique en posant les bases d’un cadre légal et opérationnel bien plus adapté et capable de garantir une protection effective des lanceurs d’alerte.