L’AES est-elle une menace pour le Bénin ?

Avr 6, 2026 - 22:10
L’AES est-elle une menace pour le Bénin ?
L'AES est-elle une menace pour le Bénin ?

Les relations entre l’AES et le Bénin ne sont pas des meilleures. Le Bénin entretient depuis quelques années des relations très compliquées avec notamment le Burkina Faso et le Niger. En cette veille d’élection présidentielle, des Béninois s’inquiètent et exprime des craintes. Le Bénin doit-il se méfier et prendre davantage ses distances avec ses voisins ? Wilfried Houngbedji, porte-parole du gouvernement, représentant du candidat Romuald Wadagni a répondu à la question lors d’un échange avec les Béninois de la diaspora en France.

Quel avenir pour les relations Bénin – AES après Patrice Talon ?

Le Bénin doit-il se méfier de ses voisins de l’AES de peur de ne pas subir une déstabilisation alors qu’il est en plein essor ? Cette question sensible a été soulevée par un Béninois de la diaspora. En réponse, le porte-parole du gouvernement béninois rassure. Wilfried Léandre Houngbédji ne banalise pas les tensions avec les pays de l’AES et surtout le terrorisme « d’importation » qui sévit dans le nord. Mais il assure que le Bénin résiste et apporte la réponse qu’il faut selon la menace.

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Le porte-parole du gouvernement a assuré que le Bénin contrôle parfaitement son territoire. Toutefois, il reconnait que le « terrorisme d’importation » qui provient des pays voisins reste une problématique complexe. « Nous avons du terrorisme d’importation, parce que ça nous vient de derrière les frontières et nous ne sommes pas en contrôle sur ce qui se passe sur les territoires des autres », a-t-il déclaré. Wilfried Léandre Houngbédji a martelé que le Bénin se donne les moyens de repousser la menace d’oû qu’elle vienne. Il a précisé que cette dynamique est portée par le candidat de la mouvance.

Le Bénin va maintenir sa main tendue pour la reprise de la coopération

Le Bénin compte rester dans une posture de dialogue vis-à-vis de ses voisins de l’AES. Wilfried Léandre Houngbédji assure que le changement de régime ne fera pas changer d’option. « À l’occasion du renouvellement à la tête de l’État, il se mettrait en devoir d’essayer de renouer le dialogue avec nos voisins. C’est peut-être la tête du président Patrice Talon qui ne leur plait pas trop et celle de Wadagni leur conviendrait pour qu’ils cessent de nous regarder avec suspicion », a-t-il déclaré.

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Sur le plan économique, point besoin de démontrer que le Bénin et l’AES se complètent sur plusieurs points. La fermeture de la frontière du Niger à Malanville et le blocus observé au port de Cotonou sur les camions à destination de Niamey en disent long. Il convient de signaler que malgré la crise, le Bénin a accepté de faciliter le transport du brut nigérien vers le marché mondial.

L’AES va-t-elle baisser la garde ?

Les pays de l’AES, notamment le Niger et le Burkina Faso, accusent constamment le Bénin de servir de base arrière pour des terroristes et des forces françaises pour les déstabiliser. Cette grave accusation est portée par les autorités de ces deux pays, mais aussi par plusieurs de leurs citoyens qui alimentent les tensions sur les réseaux sociaux.

Les tensions ont atteint des proportions très élevées. Ce qui fait dire à certains observateurs avertis que le retour à la normale sera très difficile. En réagissant à l’attaque contre la base 101 à l’aéroport de Niamey, le général Tiani a ouvertement cité le président béninois comme étant l’un des commanditaires. « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment à Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara : nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter », avait-il menacé.