Alliance militaire Burkina Faso – Togo : une stratégie discrète mais décisive

Avr 4, 2026 - 13:30
Alliance militaire Burkina Faso – Togo : une stratégie discrète mais décisive
Alliance militaire Burkina Faso Togo une stratégie discrète mais décisive

Le Burkina Faso et le Togo entretiennent une coopération militaire au beau-fils. Dans sa dernière sortie médiatique, le capitaine Ibrahim Traoré a confirmé les bonnes relations entre son pays et Lomé. Notamment sur le plan sécuritaire, tout se déroule comme sur des rails selon le président burkinabè.

Burkina Faso – Togo : ce que révèle Ibrahim Traoré sur leur coopération militaire

Après la rupture de son accord sécuritaire avec le Bénin, le Burkina Faso a consolidé ses relations militaires avec le Togo. Selon le capitaine Ibrahim Traoré, le soutien du Togo va au-delà d’un simple partenariat diplomatique. Pour lui, le Togo est un « pays frère ». « Lorsque des gens cherchent à vous étouffer, à vous tuer, et qu’un frère peut vous aider, je pense que la fraternité ne dépasse pas cela », a-t-il indiqué.

Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le Togo s’illustre fortement aux côtés de l’armée burkinabè. Le président Ibrahim Traoré a affirmé que les deux armées travaillent en synergie avec des actions coordonnées. Plus important : les interventions des uns et des autres ne requièrent plus obligatoirement l’autorisation des autorités étatiques des deux pays. Les autorités militaires des deux pays sont habilitées à prendre des décisions sur le plan opérationnel afin que les objectifs soient atteints.

Une coopération élargie aux plans économique et judiciaire

Sur le plan économique et des échanges commerciaux, le soutien du Togo est également visible. Ce soutien se traduit par le trafic via le corridor maritime. Pour un pays enclavé comme le Burkina Faso, c’est un chemin stratégique pour booster les échanges commerciaux.

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Les bonnes relations entre le Burkina Faso et le Togo se traduisent également sur le plan de la coopération judiciaire. L’extradition de l’ancien président Paul-Henri Damiba est un exemple palpable. Le Togo n’a pas hésité à répondre favorablement à la demande du Burkina Faso. Après les accusations dans une tentative de coup d’État, Lomé a livré Damiba à la justice burkinabè. Un geste très apprécié par les autorités militaires burkinabè.

Comment le Togo est devenu « pays frère » de l’AES

Le Burkina Faso n’est pas le seul pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) qui considère le Togo comme un « pays frère ». Le Niger et le Mali peuvent en dire autant. En effet, pendant le bras de fer entre la CEDEAO et les trois pays de l’AES, le Togo a adopté une posture neutre au tout début de la crise. Alors que ses pairs de la CEDEAO affichaient une position radicale contre les auteurs des coups d’État survenus dans ces trois pays, Faure Gnassingbé est resté en retrait de toutes décisions visant à sanctionner.

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Le Togo s’est proposé comme médiateur pour concilier les positions, mais à la longue, il s’est rapproché du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Il a soutenu comme il a pu ses pays pour qu’ils surmontent les sanctions imposées par la CEDEAO pour demander le retour à l’ordre constitutionnel. Le Togo a par exemple mis à disposition des importateurs nigériens le port de Lomé face au blocus constaté au port autonome de Cotonou. Malgré les problèmes de sécurité soulignés sur le corridor Lomé-Ouaga-Niamey.