Niger : la dette publique atteint 5 913,27 milliards de FCFA
Au Niger, le ministre de l’Économie et des Finances, Laouali Abdou Rafa, a fait le point sur la situation de la dette publique. Le ministre a présenté les chiffres provisoires à fin décembre 2025. Selon ses déclarations, la dette publique du Niger a atteint 5 913,27 milliards de francs CFA.
Niger : le ministre Laouali Abdou Rafa détaille la dette publique
En attendant les réajustements pour un rapport définitif, les chiffres sur la dette publique du Niger affichent 5 913,27 milliards de francs CFA. Ce montant, selon le ministre de l’économie et des finances, se décompose en « dette extérieur de 3 174,39 milliards de francs CFA à peu près et en dette intérieure 2 739,88 milliards ». En ce qui concerne la dette bilatérale, le ministre a précisé qu’elle regroupe les fonds mobilisés auprès des institutions financières multilatérales telles que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), la Banque islamique de développement et autres.
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Dans le détail, le Niger doit 1 422,5 milliards de francs CFA à la Banque mondiale à fin décembre 2025. Ce montant représente à peu près 45 % de la dette publique totale. Au Fonds africain de développement, le Niger a une dette de 387,6 milliards de francs CFA, soit 12,4 % de la dette publique. La dette auprès du Fonds monétaire internationale (FMI) est de 339,1 milliards de francs CFA et représente 10 % de la dette publique. A la Banque ouest africaine de développement (BOAD), la dette du Niger est de 294, 4 milliards de francs CFA. La Banque islamique de développement et d’autres institutions financières sont des créanciers du Niger. Pour ce qui est de la dette bilatérale, les créanciers du Niger sont entre autres : l’AFD (par le passé), l’Espagne, l’Italie.
Pour rappel, en septembre 2023, un mois après la prise du pouvoir par le général Tiani, le Premier ministre du gouvernement de la transition, Ali Lamine Zeine, avait déclaré au cours d’une conférence de presse que la dette publique du pays s’était établie à 5 200 milliards de francs FCFA. Le régime militaire avait annoncé un audit pour vérifier les chiffres.
Comment le pays a remonté la croissance économique après le coup d’Etat du 26 juillet 2023
Selon le ministre de l’économie et des finances, le Niger a été asphyxié au lendemain des évènements du 26 juillet 2023. « Au lendemain des évènement du 26 juillet 2023, notre économie était caractérisée des chocs majeurs : le choc sécuritaire qui depuis des années affecte les capacités productives et les conditions sociales de notre pays. Il y a également les chocs climatiques qui sont récurrents. Une année sur deux, vous avez une inondation ou une période proche de la sècheresse. Et ensuite, au lendemain du coup d’Etat, il y a eu les sanctions communautaires qui ont affecté la vie économique et financière de notre pays », a-t-il déclaré.
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Dans un langage plus simple, Laouali Abdou Rafa a affirmé qu’à la suite de ces sanctions, « il n’y a avait que de l’air qui devrait rentrer au Niger. Tout a été fermé. Les opérations financières, les transactions commerciales, tout a été suspendu ». Face à ce défi majeur, « les autorités ont mis en place un plan d’urgence et de résilience qui ont permis de surmonter ces huit mois d’épreuves ».
Ce plan d’action a permis au Niger, selon le ministre, d’atteindre « un taux de croissance positif ». « En 2024, l’économie a rebondi avec un taux de croissance de 10,4 % », a-t-il précisé. Il a expliqué ces résultats positifs par la structuration de l’économie nigérienne qui se repose en partie sur le secteur agricole. « Nous avons l’avantage d’avoir au Niger un secteur agricole, l’agriculture au sens large, élevage et forêt qui fait à peu près 38 % de l’économie », a-t-il affirmé.
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Selon les dires du ministre de l’économe et des finances, « 50 % du taux de croissance au Niger provient du secteur de l’agriculture ». « On a l’avantage d’avoir des milliers de producteurs qui sont étalés sur la grande surface dont Dieu nous a gratifié. Nous avons donc une panoplie de productions qui quelque soit le choc que l’économie subit, ils arrivent à maintenir un certain niveau acceptable », a-t-il précisé.