Présidentielle 2026 au Bénin : le parti Les Démocrates change de stratégie
La présidentielle 2026 au Bénin se jouera sans la candidature du parti Les Démocrates (LD). Mais il ne veut pas rester en dehors des tractations. Au cours d’une longue réunion tenue ce vendredi 13 mars 2026, le parti a décidé de dialoguer avec les candidats qui le souhaitent. Ils sont donc prêts à discuter avec le candidat Romuald Wadagni de la mouvance et Paul Hounkpè de l’opposition modérée. La réunion de ce jour a permis également aux membres de la coordination nationale d’acter la démission de Boni Yayi de la présidence du parti.
Présidentielle 2026 au Bénin : le parti Les Démocrates prêt à saisir la main tendue des candidats
C’est une approche un peu différente de ce qu’on sait du parti qui représente une opposition radicale au pouvoir en place. Recalé de l’élection présidentielle 2026 au Bénin, le parti se dit prêt à discuter avec les candidats en lice. Il sied de rappeler que le parti s’est toujours opposé aux deux candidats validés pour la présidentielle 2026 au Bénin. Le premier est de la mouvance, Romuald Wadagni, considéré comme le dauphin du président sortant Patrice Talon. Le deuxième candidat a nom Paul Hounkpè, opposant, mais accusé d’être un « faire-valoir du pouvoir ». Il n’a d’ailleurs jamais pu s’entendre avec le parti Les Démocrates qui pourtant est constitué de ses anciens alliés de l’ex-FCBE.
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Selon le communiqué de la réunion de la coordination nationale, le parti LD est disposé à s’inscrire dans un cadre d’échange et de dialogue avec Paul Hounkpè et Romuald Wadagni. Le parti inscrit cette démarche dans le cadre de ses perspectives au « lendemain des élections législatives de janvier 2026 ». La Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE) qui porte la candidature de Paul Hounkpè semble avoir anticipé. Sa demande de rencontre est déjà sur la table des responsables du parti LD. « La Coordination nationale a instruit le secrétaire administratif aux fins de faire les diligences nécessaires pour la tenue de ladite rencontre », précise le communiqué final.
Pour la présidentielle 2026 au Bénin, le parti LD pourrait donc prendre position pour l’un des candidats en lice. Tout dépendra bien entendu des échanges tenus et des arrangements trouvés avec les candidats. Le parti a également la possibilité de boycotter l’élection et de prendre ses distances.
Changement de cap après la démission de Boni Yayi ?
Beaucoup d’ex-membres du parti qui ont démissionné accusent Boni Yayi d’être le responsable des déboires du parti. Pour Basile Ahossi, Boni Yayi aurait dû démissionner depuis longtemps. Selon ses dires, cela aurait évité certaines orientations et décisions prises par le parti. « Il fallait qu’un autre responsable puisse discuter avec le président Talon au nom du parti. Malheureusement, cela n’a pas été fait et cela nous a conduits dans de grandes difficultés », a confié Basile Ahossi.
En décidant de s’ouvrir aux candidats des camps adverses, le parti Les Démocrates rompt avec le radicalisme qui lui est souvent attribué. Selon une source interne du parti, il y a quelques mois, cette option n’aurait pas été possible dans le cadre de cette présidentielle 2026 au Bénin.
Pourquoi Boni Yayi a démissionné ?
Officiellement, l’ancien président a évoqué des raisons de santé. Dans son message de démission, il a fait savoir qu’il était temps pour lui de se retirer et de prendre une retraite sanitaire. Cette démission intervient dans un contexte où le parti est fortement touché par une crise. Depuis son exclusion de la présidentielle pour défaut de parrainage, le parti a enregistré une vague de démissions qui n’ont fait que le fragiliser. Dans la foulée, certains de ces responsables ont été interpellés dans l’affaire de tentative de coup d’État du 7 décembre 2025.
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Le parti traverse une crise interne qui justifie d’ailleurs son absence à la prochaine présidentielle. Si Les Démocrates se retrouvent aujourd’hui sur la touche, c’est bien parce que l’un de ses propres députés a refusé de parrainer le candidat choisi. N’empêche, le parti a quand même accusé le pouvoir d’avoir mené des manœuvres dans l’ombre pour l’exclure de l’élection.