Tensions AES – UE : une mobilisation populaire annoncée dans le Sahel

Mar 22, 2026 - 10:00
Tensions AES – UE : une mobilisation populaire annoncée dans le Sahel
AES une mobilisation populaire annoncée contre l'UE

Dans l’espace AES, on note une levée de boucliers contre la résolution de l’Union Européenne exigeant la libération du président nigérien déchu Mohamed Bazoum. Après les hautes autorités qui ont clairement exprimé leur mécontentement, les organisations de la veille citoyenne donnent de la voix. Une grande mobilisation patriotique est annoncée pour le samedi 28 mars 2026 dans les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). À noter que l’ancien président nigérien est en détention depuis juillet 2023 après le coup d’État qui a renversé son régime. Il est poursuivi pour « haute trahison » et « atteinte à la sûreté intérieure et extérieure du Niger ».

AES : accusée d’ingérence, l’UE visée par des manifestations de protestation

« Nous ne savons pas de quel droit l’Union européenne (UE) se permet de demander la libération de Mohamed Bazoum », a lancé Adama Siguiré, vice-président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel. Il dénonce une attitude arrogante de l’UE et souligne le mutisme de cette dernière dans l’attaque contre l’Iran et l’arrestation de Nicolas Maduro, le président du Venezuela, par les États-Unis.

Pour protester contre ce qu’ils appellent « l’ingérence » de l’Union européenne les associations de la veille citoyenne soutenant les régimes militaires du Mali, du Niger et du Burkina Faso annonce une « mobilisation populaire« . « Face à cette tentative de pression politique contre nos espaces souverains, nous, organisations et acteurs de la veille citoyenne de l’espace AES, appelons les peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger à une grande mobilisation patriotique le samedi 28 mars 2026 », a déclaré Lassané Sawadogo.

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Les citoyens de l’AES sont invités à se mobiliser pour de grandes mobilisations populaires qui seront organisées dans les villes et dans les campagnes dans les trois pays de la Confédération. L’objectif de ces manifestations est de dénoncer la résolution de l’UE, qui, selon les acteurs de la veille citoyenne, est dirigée contre les peuples de l’AES.

La résolution de l’UE et la colère des autorités nigériennes

À l’annonce de la résolution du parlement de l’Union européenne qui demande aux autorités nigériennes de libérer Mohamed Bazoum, la réaction ne s’est pas faite attendre. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, Bakary Yaou Sangaré, a d’abord convoqué la chargée d’affaires de la délégation de l’Union européenne au Niger, Nicolatta Avella. Au cours de cette rencontre, elle a enregistré la vive protestation du Niger.

Par la suite, le patron de la diplomatique nigérienne a tenu à exprimer le même mécontentement aux ambassadeurs des pays membres de l’UE présents au Niger. Le 18 mars 2026, une rencontre de vérité a été organisée avec tous les diplomates concernés.

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Dans un communiqué publié le 19 mars, le président Ibrahim Traoré a exprimé le soutien de la Confédération de l’AES au Niger. Il a indiqué que l’AES « n’a ni d’injonctions, ni de leçons de gouvernance à recevoir, particulièrement d’acteurs qui, plutôt que de se faire les relais, voire la source de fausses informations, gagneraient à recentrer leurs efforts sur la gestion de leurs propres crises sociétales ».

Dire non à l’ingérence, une posture souveraine liée à l’ADN de l’AES

La création de l’Alliance des États du Sahel (AES) est née de la volonté affichée des trois régimes militaires de positionner leurs pays dans une politique diplomatique d’égal à égal. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger s’opposent désormais à toute coopération diplomatique dont le but serait de s’ingérer dans leurs affaires internes. Ces trois pays veulent échanger d’égal à égal avec leurs partenaires, fussent-ils puissances mondiales.

« Qu’ils (l’UE) sachent que le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont des pays souverains, sont des pays indépendants et actuellement, ils ont engagé le chemin de non-retour », a déclaré Omar Michel Kopia. Une déclaration qui illustre parfaitement la vision incarnée et défendue par Ibrahim Traoré, Assimi Goita et Abdourahamane Tiani.