Côte d’Ivoire : 7 668 candidats en lice pour 2 000 postes d’enseignants de Maths et Physique

Mar 23, 2026 - 11:40
Côte d’Ivoire : 7 668 candidats en lice pour 2 000 postes d’enseignants de Maths et Physique
Côte d'Ivoire 7 668 candidats en lice pour 2 000 postes d'enseignants

En Côte d’Ivoire, les autorités ont lancé ce dimanche 22 mars 2026, épreuves du concours de recrutement de professeurs contractuels de collèges et lycées en mathématiques et sciences physiques. Plus de 7 500 candidats ont été enregistrés alors qu’il n’y a que 2 000 places disponibles. Le déficit estimé à 1 453 postes vacants en mathématiques et 958 en physique-chimie.

Côte d’Ivoire : recrutement massif d’enseignants de Maths et sciences physiques

La Côte d’Ivoire passe à l’offensive pour combler le déficit d’enseignants en mathématiques et sciences physiques dans les collèges et lycées. Un vaste recrutement qui suscite une ruée impressionnante. 43 761 dossiers enregistrés pour 2 000 postes ouverts. Un premier filtrage a permis de retenir 7 668 dossiers sur le total enregistré. Le comité de sélection a a été très stricte sur les critères. Les dossiers validés sont ceux des candidats ayant obtenu au moins une moyenne de 14 sur 20 en mathématiques et en physique au baccalauréat. L’objectif est retenu uniquement les meilleurs.

Le déficit est plus grand, mais ce premier recrutement ne prendra que 2 000 agents. N’Guessan Koffi, Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement Technique, souligne un sérieux problème de manque d’enseignants dans les matières scientifiques, notamment en mathématiques et en physique-chimie. Les nouvelles recrues ne seront pas automatiquement déployés. « Ils seront suivis durant deux années avec l’appui de nos partenaires de l’École normale supérieure (ENS) d’Abidjan, de la Société mathématique de Côte d’Ivoire et nos partenaires européens qui ont bien voulu accompagner cette opération », a ajouté N’Guessan Koffi. C’est donc après les deux ans, que les agents recrutés seront intégrés dans l’effectif des fonctionnaires de l’Etat.

Le ministre adresse ses mots de remerciements à l’endroit du président Alassane Ouattara « qui a bien voulu autoriser cette opération rapide qui permet aujourd’hui de régler un problème sérieux, notamment la formation dans les matières scientifiques ».

Nous sommes progressivement en train de trouver des solutions durables à ces questions de manque d’enseignants. Le Président de la République fait des efforts pour construire de nouveaux lycées et collèges, des collèges de proximité, des lycées d’excellence. Il va falloir préparer sérieusement le corpus des enseignants dans les matières scientifiques, de sorte qu’à terme, on ait un grand nombre de jeunes capables de traiter efficacement les matières scientifiques.

Antoine Assalé Tiémoko : la Côte d’Ivoire est en crise de scientifique

Pour l’ancien député Antoine Assalé Tiémoko, il s’agit d’une grave crise qui nécessite une thérapie de choc. « Nous sommes au 21e siècle et les pays comme les nôtres ont besoin d’investir massivement dans l’intelligence. La Côte d’Ivoire est un pays qui est aujourd’hui en crise de scientifique. On ne trouve pas d’enseignants de maths. Est-ce que vous savez qu’à ce jour, il y a des enfants qui font de la 6e en 3e sans faire un cours de mathématiques en Côte d’Ivoire », a-t-il confié dans une entretien accordé à Agora Moderne.

Il évoque un concours de l’ENS l’année dernière, pour lequel le nombre de candidats enregistrés était en dessous du nombre budgétisé. « Ceux qui ont cette compétence, qui ont fait ces études sont tous partis. Ils ont quitté le pays », a indiqué le maire de Tiassalé.

La fuite des cerveaux

L’une des principales causes du déficit d’enseignants de mathématiques et de sciences dans les écoles en Côte d’Ivoire est la fuite des cerveaux. Selon Antoine Assalé Tiemoko, « ceux qui ont cette compétence sont tous partis du pays ».

Si aujourd’hui, notre pays n’a même pas d’enseignants de sciences, sur quoi nous fondons notre développement ? Si nos meilleurs médecins, nos sages-femmes fuient le pays, sur quoi nous fondons notre développement ?Assalé Tiémoko

Il rapporte qu’entre 2015 et 2023, 54 jeunes ivoiriens ont été formés en France, mais un seul est revenu au pays. L’État n’aurait pas les moyens de les maintenir dans les collèges et lycées ivoiriens.