Lutte contre le terrorisme au Sahel : « l’action militaire seule ne suffit plus »
Le terrorisme au Sahel amorce une phase critique. Malgré les assauts répétitifs des forces armées qui engrangent des victoires, les groupes terroristes continuent de se radicaliser et d’occuper le terrain. Le sujet préoccupe et des voix appellent de plus en plus à repenser la stratégie sécuritaire en y intégrant d’autres actions en dehors de celle militaire. Dans un post partagé sur X, Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo, invite les autorités à réfléchir sérieusement à la question.
Lutte contre le terrorisme au Sahel : pourquoi la stratégie actuelle ne suffit plus
Ces dernières années, les pays du Sahel, notamment ceux de l’AES, intensifient la lutte contre le terrorisme après avoir forcé le départ des forces françaises. Au Niger, au Burkina Faso et au Mali, la méthode est restée la même : multiplier les offensives militaires pour faire plier les groupes terroristes. Malgré les efforts déployés, le terrorisme au Sahel persiste et gagne du terrain.
Lire aussi : Lutte contre le terrorisme : Vladimir Poutine au secours du G5 Sahel
Face à cette situation, le ministre togolais des Affaires étrangères plaide pour un changement de paradigme. Selon lui, la réponse militaire ne suffit à elle seule pour repousser loin la menace. La réflexion part du fait que le terrorisme implique plusieurs facteurs, principalement : la pauvreté, la marginalisation, les conflits entre communautés et l’absence ou la démission de l’État dans certaines zones à travers les services socio de base. Ces facteurs favorisent l’expansion du terrorisme qui trouve du renfort dans les rangs des populations.
Terrorisme au Sahel : pourquoi les groupes armés continuent de progresser malgré la pression militaire
Il est donc clair que la mise en œuvre d’une stratégie qui n’intègre pas ces facteurs ne peut aboutir à une victoire totale. Il faut appuyer l’action militaire par des solutions politique, économique et sociale. « La lutte contre le terrorisme et la quête de la paix en Afrique de l’Ouest et au Sahel ne sauraient se limiter aux seules réponses militaires ou sécuritaires ; elles requièrent également un renforcement des mécanismes d’intégration socio-économique », a écrit le ministre Rober Dussey.
C’est en conjuguant stabilité institutionnelle, inclusion sociale et développement partagé que nous pourrons espérer bâtir des fondements solides pour une paix durable.
Lire aussi : Lutte contre le terrorisme : le Bénin souhaite une franche collaboration avec ses voisins
Cette proposition du ministre togolais des Affaires étrangères n’est pas totalement nouvelle. Des spéciales l’avaient déjà abordé, soulignant le caractère « asymétrique » du terrorisme au Sahel. Il convient de coordonner les actions entre forces militaires des pays concernés. Il est tout de même important de mettre en confiance les populations par une présence permanente et impactante de l’État. Cette présence doit se traduire surtout par la mise en place de services sociaux de base : construction d’écoles, de centres de santé, une administration locale active. En d’autres termes, les populations des zones reculées et vulnérables doivent se sentir prises en compte dans la mise en œuvre des politiques publiques de développement.