Burkina Faso : accusé par HRW, le pouvoir dénonce une « manœuvre impérialiste »
Le Burkina Faso rejette fermement les accusations de l’ONG Human Rights Watch (HRW) contenues dans un rapport couvrant la période 2023-2025. Ce rapport évoque des violations graves des droits humains et plus de 1 800 civils tués. Selon un communiqué du porte-parole du gouvernement burkinabè, les faits évoqués dans ce rapport et les conclusions qui en découlent constituent un « tissu de conjectures » qui ne reflète pas la réalité. Gilbert Ouédraogo a fait une mise en garde formelle.
Burkina Faso : un rapport accablant de Human Rights Watch contesté
Le rapport (2023-2025) de l’ONG Human Rights Watch (HRW) fait état de faits graves imputés aux Forces de défense et de sécurité (FDS), aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et au groupe armé lié à Al-Qaïda. L’ONG HRW parle de plus de « 1 800 civils tués » et des « dizaines de milliers de personnes déplacées depuis 2023 ». Mais ces informations contenues dans le rapport manquent de rigueur selon Gilbert Ouédraogo, porte-parole du gouvernement burkinabè. Il dénonce avec vigueur un « faux rapport, un tissu de conjectures et d’allégations graves infondées ».
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Selon le porte-parole du gouvernement, l’ONG Human Rights Watch (HRW) serait coutumière des faits. Il a affirmé que cette ONG s’est donnée pour mission de « régulièrement relayer des allégations d’individus choisis, recevant d’elle des subsides, pour lui offrir en contrepartie de quoi alimenter ses récits imaginaires et fantasmés ».
Une tentative de déstabilisation selon les autorités
Pour les autorités burkinabè, le plan caché derrière ce rapport est connu. Ils soupçonnent l’ONG de vouloir ternir l’image des forces engagées contre le terrorisme. Gilbert Ouédraogo relève des « insuffisances méthodologiques ayant pour finalité de diaboliser les patriotes burkinabè ». Il ajoute que ces agissements de Human Rights Watch (HRW) ont clairement pour but de faire passer les forces combattantes « aux yeux de l’opinion internationale, pour des prédateurs des droits humains en vue d’assouvir les desseins funestes que nourrit l’impérialisme » contre le Burkina Faso.
Lutte contre le terrorisme et respect des droits humains : la position du Burkina Faso
L’autorité a rappelé que la lutte contre le djihadisme est une « priorité nationale absolue » au Burkina Faso. Cette lutte, assure-t-il, est menée dans le « strict respect des lois nationales ainsi que des engagements internationaux du Burkina Faso » pour la protection des droits humains. Au Burkina Faso, la hiérarchie militaire tape du poing sur la table pour discipliner ses éléments lorsque des faits avérés sont rapportés sur des actes immoraux.
En 2024, une vidéo virale montrant des soldats en train de s’en prendre à des corps sans vie a fait réagir l’état-major des armées. Il s’est désolidarisé et a condamné fermement ces actes contraires à la discipline militaire. Par la suite, les auteurs ont été identifiés, interpellés et jugés avec de lourdes peines.
Des accusations récurrentes contre les armées de l’AES
Ce n’est pas la première fois que l’armée burkinabè est accusée d’exactions dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Des rapports précédents de la même ONG avaient déjà relevé en 2020 les mêmes faits. Dans une enquête publiée en juillet 2020, couvrant la période 2019-2020, l’ONG a dénoncé des « exécutions sommaires de masse ». Se basant sur des témoignages d’habitants, elle avait évoqué l’existence de « fosses communes » qui contiendraient des corps de 180 personnes.
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Au Mali, l’armée régulière et les combattants russes engagés contre le terrorisme sont également constamment accusés. Ils sont accusés d’exactions contre des populations civiles. Les dernières accusations datent de quelques jours seulement après une opération militaire à Goundam, Bintagoungou et Gargando. Selon les informations de RFI, « de nombreuses sources locales rapportent des exécutions sommaires de civils et des destructions attribuées à l’armée malienne ».
Le Burkina Faso met en garde
Au Burkina Faso, plusieurs ONG sont interdites d’activités. Elles ont été révoquées pour non-respect des textes régissant le fonctionnement des associations et ONG dans le pays. Le dernier rapport à polémique de Human Rights Watch (HRW) semble avoir conforté la position des autorités qui menacent de durcir encore le ton. « En tout état de cause, le gouvernement du Faso se réserve le droit de prendre les mesures fermes qui siéent contre toutes les officines impérialistes déguisées en ONG qui nourrissent le dessein funeste de briser la dynamique souverainiste du Burkina Faso », a indiqué le porte-parole du gouvernement.