Mali – Mauritanie : la tension retombe après les explications

Mar 18, 2026 - 17:00
Mali – Mauritanie : la tension retombe après les explications
Mali Mauritanie la tension retombe après les explications

Vives tensions entre le Mali et la Mauritanie. L’axe Bamako – Nouakchott ne se porte pas bien après un communiqué de l’armée malienne indiquant l’évasion de deux de ses membres dans un camp de réfugiés en Mauritanie, alors que les intéressés étaient détenus par un groupe terroriste.

Supposée évasion de deux militaires maliens : le Mali et la Mauritanie s’expliquent

La Mauritanie dénonce des « accusations sans la moindre preuve » et « infondées ». Pour les autorités mauritaniennes, le communiqué des FAMa fait croire à la présence de groupes terroristes dans un camp de réfugiés sur son territoire. Une idée qu’elles rejettent avec vigueur. Le ministre mauritanien des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Mauritaniens de l’Extérieur a reçu l’ambassadeur malien à Nouakchott. Au cours de la rencontre, il a exprimé le mécontentement du gouvernement.

À propos du camp de M’Berra indexé, Nouakchott a rappelé que depuis près de trente ans des réfugiés sont accueillis à ce lieu sous la supervision du HCR et de partenaires humanitaires. Elle a souligné que le camp est bien suivi et n’est pas fermé aux autorités maliennes. Pour la Mauritanie, Bamako aurait pu mettre l’accent sur la voie diplomatique au lieu d’un communiqué qui entache les relations fraternelles entre les deux pays.

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Après les échanges entre le ministre mauritanien des Affaires étrangères et l’ambassadeur malien, la tension est retombée. Les deux personnalités ont évoqué des possibilités de renforcement des relations diplomatiques.

Une évasion simulée ?

Le récit servi par l’armée malienne sur l’évasion des deux soldats et du préfet enlevés depuis octobre 2025 est remis en cause par certaines sources. Des sources locales ont confié à RFI qu’il n’a pas été question d’une évasion. Celles-ci soutiennent que les militaires maliens ont été libérés par les ravisseurs « en échange d’une rançon ». Le JNIM aurait reçu entre 5 et 15 millions de francs CFA pour libérer les deux militaires, le préfet et d’autres otages.

Selon RFI, les otages, notamment les deux militaires, n’étaient pas détenus hors du territoire malien. Le média révèle qu’ils étaient détenus dans « la forêt du Wagadou, en territoire malien, à une trentaine de kilomètres de la frontière mauritanienne ».

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Les militaires avaient été kidnappés par des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) le 9 octobre 2025. Quant au préfet de Dioïla, il avait été enlevé le 14 février 2026 par des membres du groupe JNIM. Le cas de ces hommes en uniforme n’est pas isolé. Les enlèvements sont fréquents dans des zones à risque du pays. Les groupes armés visent généralement des ressortissants étrangers. Selon l’ONG Acled, « entre 22 et 26 étrangers auraient été enlevés par le JNIM entre mai et novembre 2025 », avait rapporté TV5 Monde.