Côte d’Ivoire : Pourquoi la candidature de Tidjane Thiam devrait être validée

Août 29, 2025 - 13:00
Août 29, 2025 - 16:04
Côte d’Ivoire : Pourquoi la candidature de Tidjane Thiam devrait être validée

Le cas Tidjane Thiam demeure un épineux problème juridico-politique en Côte d’Ivoire à l’approche de l’élection présidentielle de 2025. Le président du PDCI-RDA, empêché d’être inscrit sur la liste électorale par décision de la CEI, n’a peut-être pas encore épuisé toutes les voies de recours.

Qu’est-ce qui bloque dans le dossier Tidjane Thiam ?

Le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, est candidat à la magistrature suprême. Tout le parti, ou presque, s’est mis en ordre de bataille pour faire élire le successeur de feu Henri Konan Bédié. Mais la justice ivoirienne s’est interposée sur le chemin de l’ancien banquier, et a, par une décision, provoqué son éviction de la liste électorale. Pourquoi ?

Tidjane Thiam remplissait en réalité toutes les conditions pour être électeur et donc éligible à la présidentielle de 2025. Son problème est qu’il détenait la double nationalité franco-ivoirienne au moment de son inscription sur la liste électorale. À la suite d’une procédure judiciaire contestant son statut d’électeur, la justice a suspendu la délivrance de son certificat de nationalité par l’administration ivoirienne.

Entre-temps, Tidjane Thiam a renoncé à sa nationalité française et est désormais exclusivement ivoirien au même titre M. Jean-Louis BIllon, inscrit sur la liste à tant que franco-ivoirien et qui y demeure toujours après sa renonciation à sa nationalité française. Pourtant, la CEI a tout de même procédé à la radiation de Thiam de la liste électorale. En théorie, cela l’empêche d’être électeur et donc candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025.

Le refus de la CEI de réviser la liste électorale

La CEI a pourtant l’obligation légale d’organiser une révision de la liste électorale chaque année. Prétextant le retard pris sur celle de 2024, l’institution chargée d’organiser les élections a refusé d’ouvrir une nouvelle révision en 2025. Elle évoque pour cela un manque de temps. Résultat : Tidjane Thiam, pourtant désormais débarrassé de tous les facteurs bloquants, se retrouve empêché de candidater.

Ce refus est problématique : la décision de la CEI de ne pas organiser de révision annuelle est illégale au regard du droit ivoirien. L’article 6, alinéa 3, du Code électoral stipule en effet que :

« La liste électorale est révisée chaque année afin de tenir compte des mutations intervenues dans le corps électoral. » Elle doit donc se donner tous les moyens de remplir sa mission, c’est la loi chère aux détracteurs du champion du PDCI RDA.

La révision est une obligation légale annuelle et non une option. Ne pas la faire constitue une violation de la loi. Or, une action illégale qui porte préjudice à un citoyen, même si elle émane d’une institution de la République, ne peut avoir de valeur légale.

Sur ce point, Tidjane Thiam aurait pu attaquer la CEI en justice pour la contraindre à organiser une nouvelle révision de la liste électorale (RLE), ce qui lui aurait permis de réapparaître sur les listes. En l’absence d’une telle action, constatant une décision manifestement illégale de la CEI, le Conseil constitutionnel pourrait, au nom du respect de la Constitution et de l’égalité des citoyens devant la loi, valider la candidature de Tidjane Thiam !

Il faut noter qu’en dehors de Tidjane Thiam, l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo et l’ex-président de l’Assemblée Nationale Guillaume Soro sont tous les deux absents de la liste électorale en raison de leurs condamnations à 20 ans de prison pour le premier pour supposé « braquage de la BECEAO » et à de la prison à perpétuité pour le dernier pour « tentative d’atteinte à la sûreté de l’État ».